La forêt de Fontainebleau, inspiratrice du rêve

Publié le 27 Avril 2006

La forêt de Fontainebleau a été au debut du XIXème siècle la grande inspiratrice des poètes et des écrivains.

En 1804, Sénancour  publie Oberman  qui  remporta les faveurs des romantiques.comme Sainte Beuve , Charles Nodier ou George Sand qui le qualifie "d'admirablement mal écrit".... .

 Dans son roman, Sénancour,  magnificie  la forêt de Fontainebleau à qui il confia ses peines, ses chagrins, ses tourments enfiévrés comme ses rêveries passionnées.

LETTRE XXIV

Lorsque les frimas s'éloignent, je m'en aperçois à peine ; le printemps passe, et ne m'a pas attaché ; l'été passe, je ne le regrette point. Mais je me plais à marcher sur les feuilles tombées, aux derniers beaux jours, dans la forêt dépouillée. D'où vient à l'homme la plus durable des jouissances de son c?ur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s'aimer encore dans le sentiment de sa ruine ? Je m'attache à la saison heureuse qui bientôt ne sera plus : un intérêt tardif, un plaisir qui paraît contradictoire m'amène à elle alors qu'elle va finir. Une même loi morale me rend pénible l'idée de la destruction, et m'en fait aimer ici le sentiment dans ce qui doit cesser avant moi. Il est naturel que nous jouissions mieux de l'existence périssable, lorsqu'avertis de toute sa fragilité nous la sentons néanmoins durer en nous. Quand la mort nous sépare de tout, tout reste pourtant ; tout subsiste sans nous. Mais, à la chute des feuilles, la végétation s'arrête, elle meurt ; nous, nous restons pour des générations nouvelles, et l'automne est délicieuse parce que le printemps doit venir encore pour nous. Le printemps est plus beau dans la nature ; mais l'homme a tellement fait que l'automne est plus douce. La verdure qui naît, l'oiseau qui chante, la fleur qui s'ouvre ; et ce feu qui revient affermir la vie, ces ombrages qui protègent d'obscurs asiles ; et ces herbes fécondes, ces fruits sans culture, ces nuits faciles qui permettent l'indépendance ! Saison du bonheur ! je vous redoute trop dans mon ardente inquiétude. Je trouve plus de repos vers le soir de l'année, et la saison où tout paraît finir est la seule où je dorme en paix sur la terre de l'homme.

La forêt de Fontainebleau, c'est aussi la terre d'amour et de passion  de deux amants célèbres : Alfred de Musset et George Sand.  Ils s'y rendent du 5 au 13 août  1833.et demeurent à l'hôtel  Britannique , rue de France..."Situé au carrefour de la Fourche où commence la route d'Arbonne, cet hôtel était à environ une heure de marche des rochers de Franchard" (correspondance de george Sand, tome II, notes pp. 397.398.

les rochers de Franchard est un lieu mythique.Il symbolise la  passion amoureuse mais aussi le romantisme . Ici c'est l'ombre de Musset qui une nuit se promène dans la forêt et sera victime d'hallucination  qu'il  transcrira plus tard dans son poème : la nuit de décembre. George Sand   mentionne également cette escapade à Fontainebleau et sa liaison avec Musset dans "Elle et lui".

En 1835, dans une correspondance qu'elle envoie à Musset, George Sand note :

"veux-tu que nous allions nous brûler la cervelle ensemble à Franchard ? (corrspondance de George Sand, tome II, pp. 796-797.)

Musset reviendra souvent à Fontainebleau  en venant soit de Paris ou de Melun et il immortalisera dans un beau sonnet  " le poème du souvenir" sa relation avec George Sand.

Mais, nouvel été, nouvel amour  pour George Sand. Elle retourne au même hôtel Britannique mais avec le comédien Bocage en juillet 1837.  Dans son roman  " La Filleule"qu'elle publie en 1853, Sand, donne une vision bucolique de la campagne à fontainebleau  où vit son héroîne, Anicée de Saule

Nouveau retour en 1856 mais cette fois avec  le graveur Alexandre Manceau  qui note dans son agenda le jeudi 20 mars 1856 ; " Arrivée à Fontainebleau à 1 h. Installation à l'hôtel de France vis à vis du château"... 

Et George Sand décrire le 23 mars : "Nous rejoignons la voiture à 2h1/2. Elle nous conduit à franchard. les abords en sont devenus un peu trop guinguette. Il y a trop de noms et de devises sur les rochers. Il y en a trop partout, excepté à Arbonne où il n'y en a pas un seul. Franchard est toujours magnifique".

L'école de Barbizon attire les hommes de lettres et de nombreux écrivains Le premier fut Murger auteur de Adeline Protat, puis Michelet qui vient d'écrire sa préface "l'insecte". Et pendant ce temps Demecourt, ouvre au public l'accès de la forêt en créant de nombreux sentiers...

L'impératrice Eugénie et sa cour raffole de Fontainebleau et entraine dans un tourbillon notre Mérimée.

Maupassant écrit "Notre coeur " en 1890 : "chacun tient à conduire un de ses personnages à Fontainebleau pour que la forêt servit de cadre à une aventure sentimentale'.

       

 

Rédigé par Marie de Mazan

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