Le Silence pour s'oposer, le Silence pour résister...

Publié le 23 Janvier 2007

) - Les Editions de Minuit, Vercors, in Imprimeries clandestines, Edition le Point Lanzac par Souillac, mars 1945. (Coll. MRN).

« Mais la littérature clandestine était indispensable à l'expression du génie de la France, on ne peut concevoir qu'elle eût pu être absente. Et c'est assurément une pensée étrange, pleine de ce mystère dont les hommes sincères doivent admettre la constante présence dans le déroulement de leur vie. C'est une pensée singulière d'avoir à reconnaître que les « Editions de Minuit » sont nées en grande partie par hasard, et que pourtant elles ne pouvaient pas ne pas naître. Mais ce hasard lui-même était-il autre chose qu'une expression secrète de cette nécessité ? Car si la Pensée Libre, fondée par Jacques Decour et Politzer, demanda à Pierre de Lescure, et non à un autre (sans doute parce que, comme eux, il faisait par ailleurs de la résistance active), de rechercher des collaborateurs littéraires afin de donner à leur revue un ton moins purement « propagande », ce n'est pas tout à fait par hasard. Si Pierre de Lescure fit ce que nul autre en sa place n'eût assurément fait, c'est-à-dire de s'adresser d'abord à moi, qui n'étais pas écrivain, plutôt qu'à des écrivains de profession, ce n'est pas non plus absolument par hasard. Certes, il est plus difficile de démêler ce qui ne fait pas le hasard dans l'accumulation des circonstances fortuites qui nous amenèrent à concevoir les « Editions de Minuit », à savoir que la nouvelle que j'avais écrite pour la « Pensée Libre » ne put y paraître (celle-ci ayant succombé aux coups de la Gestapo), que j'avais fait autrefois de l'édition, et ainsi savais construire un livre, que l'idée de faire un volume du « Silence de la Mer », et d'autres à la suite, me vint donc tout naturellement - toutes choses qui n'eussent pas eu lieu s'il se fût agi d'autres hommes que Lescure et moi, et d'autres circonstances que toutes celles-là. »


  En 1941, en pleine guerre, un jeune soldat allemand, Werner Von Ebrennac, vient s'installer chez un homme et sa nièce. Son arrivée se fait dans un silence insoutenable et à travers un malaise fou. Mais «Dieu merci, il a l'air convenable ». C'est un jeune homme poli qui parle constamment, sans jamais obtenir de réponses, sans jamais même en attendre. Il semble vivre seul dans un monde de statues.
      Le jeune Werner prend l'habitude, durant l'hiver, de venir se chauffer au feu de foyer, où il égaye son soliloque. Les relations de l'Allemagne et de la France est son sujet le plus fréquent. Il parle d'art, de littérature et de musique, puisqu'il est lui-même musicien. Il exprime son désir de vivre un jour en France pour pouvoir y apporter quelque chose, mais aussi pour pouvoir y prendre en échange. Un peu à chaque soir, ce sont ses idées que l'on entend dans la maison française. Et les soirées se terminent toujours de la même manière : « Je vous souhaite une bonne nuit».
      Un beau jour, Werner apprend à ses hôtes qu'il ira passer ses deux semaines de permission à Paris, où des amis l'attendent. À son retour, il met une semaine avant d'adresser la parole à ses hôtes. Un soir, alors que durant la journée il a croisé le vieil homme, il descend lourdement voir celui-ci et sa nièce. Il leur demande d'oublier tout ce qu'il a pu dire durant les six derniers mois et expose les plans des Allemands contre la France avant de quitter définitivement la maison. (Pascal Tremblay)


Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Villiers sur Morin entre littérature et peinture

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colette 24/01/2007 09:32

Bonjour MarieJ'ai été voir un album photo, elles sont toutes très belles, une m'a particulièrement émue, celle de la dame qui est à la pompe à eau, là où habitait ma grand mère, elle s'en servait tous les jours.BisousColettePS : j'ai cherché ton livre d'or mais a priori tu n'en as pas.

Marie de Mazan 03/02/2007 08:15

non je n'ai pas encore de livre d'or car je croyais ne pas en avoir besoin...Merci Bisousmarie