Mystérieuse rencontre à Château-Thierry 6

Publié le 22 Septembre 2010

Après une longue promenade d'une heure, je m’aperçois que le guide-conférencier n’est toujours pas là  Je redescends tranquillement  vers le centre ville. Pratiquement en bas de la rue je découvre l'Hôtel-Dieu avec une plaque sur le mur de la chapelle où il est inscrit que cette bâtisse, monastère royal de saint Jean Baptiste a été fondé par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. Cet établissement pouvait à l'époque,  accueillir 13 lits gérés par les religieuses. Jeanne de Navarre aimait particulièrement Château-Thierry pour venir y méditer. Dans le livre des saints de Baillet, il est signalé qu'elle donna des biens à l'abbaye de Barre et lui fit présent des reliques de sainte Pétronille qui d’après la légende dorée serait  considérée comme la fille de saint Pierre. Charlemagne lors de son voyage à Rome pria longuement  dans la chapelle ou reposait le corps de la jeune Pétronille et en éprouva par la suite une vive vénération. D'ailleurs depuis cette époque, elle a été reconnue la patronne des rois de France, puis patronne nationale quand la France se nomma la "fille aînée de l'Eglise".

Toujours, à regarder le mur de la chapelle de l’hôtel-Dieu, je lis  une citation de Racine : "Enfin n'en pouvant plus d'effort et de douleur"… Pensive, je regarde fixement  la pancarte : le mot douleur me fait penser à Jeanne de Navarre. Je la vois souffrir, agonir, s’étouffer.  La vision d’un visage m’apparaît, celui d’une belle Dame. Elle a le regard fixe, absent. Devant elle s'étend la ville. Immobile. Son âme part au-delà des nuages. Un homme surgit et la regarde. Il a un grand manteau avec une croix pattée sur l'épaule. Il ne parle pas. La Dame ne bouge pas. Seul un léger mouvement des lèvres laisse paraître son émotion. L'homme s'approche et frôle son visage de sa main. La  Dame pose doucement sa tête dans sa paume. Un instant que seul le bonheur peut comprendre. Figée devant la plaque, une voiture klaxonne pour  me faire  comprendre de lui laisser le passage. Étourdie par l'intensité de cette image avec la Dame, je ne me suis pas rendue compte que j'étais au milieu de la route.

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Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #balades en pays Briard

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Anne-Laure 22/09/2010 11:46



Ah oui en effet, il y a de quoi être méditatif... J'ai ressenti un peu la même impression cet été à l'abbaye de Fontevraud si chargée d'Histoire...



Marie de Mazan 07/03/2011 10:41



Aliénor d'Aquitaine... Quel Personnage et quelle femme moderne. Il y a des endroits qui réveillent en nous quelque chose d'indécible, qui toûche, comme si on se sentait habité par les lieux ou
l'histoire du personnage. C'est curieux et en même temps quelque chose d'envoûtant pousse à aller plus loin, à savoir davantage comme si on voulait se confronter à une vérité qui se trouve au
fond de nous mais que l'on n'ose dire. Marie