Le monastère carolingien

Publié le 19 Juin 2007

Nous avons vu que très tôt les carolingiens prirent en protection les monastères, qu'ils soient royaux  ou familiaux.  Ils pouvaient à leur gré en disposer puisqu'ils en étaient les protecteurs pratiquement dans toute l'Europe.

Sous Charlemagne, les monastères deviendront un véritable enjeu politique mais ausi administratif. pratiquement sous tutelle du royaume.  Les charges abbatiales servent de récompenses aux fidèles de Charlemagne pour bons et loyaux serices. Dans l'Empire Carolingien on recense plus de 650 monastères dont 200 sont royaux, dirigés par des membres de l'entourage de Charlemagne. par de nombreux capitulaires, celui-ci rappelle que le moine doit respecter ses voeux et insiste sur la clôture monastique.

Charlemagne va de plus en plus chercher à institutionnaliser le monastère  en cherchant à généraliser la Règle Bénédictine. Il se fait parvenir une copie et la diffuse à travers tous les monastères. Mais en réalité, la pratique de cette règle fut très difficile à imposer, car chaque monastère avait sa règle et ses usages. L'unité était loin d'être gagnée.

C'est en 814, à la sucession de Charlemagne, que Louis le Pieux fonde un monastère près du palais impérial d'aix la Chapelle à Inden en installant son ami Benoît d'Aniane qui avait été son conseiller quand il était encore roi d'Aquitaine avec la mission de préparer la réforme monastique. Mission et culture, acte de piété sont les éléments importants d'un monastère.

Sous Louis Le pieux, la prière est essentielle. On prie pour le pardon de ses pêchés, pour le salut éternel , pour la victoire au combat, pour son gouvernement. On prie pour l'empereur.  Le monastère exerce un rôle central et il est au coeur de la société carolingienne, investi de la mission d'obtenir le renouvellement des bénédictions de Dieu.

Le monastère est une oeuvre collective assurant la survie de la société en devenant son coeur spirituel.  On doit sanctifier le peuple chrétien.  C'est plus qu' un devoir envers son souverain, c'es un devoir d'Etat.

La réforme monastique commença avec benoît d'Aniane lors du synode tenu à Aix en été 816.  27 capitula proposés.  des inspecteurs seraient chargés par l'empereur pour contrôler l'application des décisions.

On peut dire que le capitulaire de  817 devient une   véritable règle monastique. L'abbé devient plus proche de ses moines, il a les mêmes obligations et il doit avoir le consentement de ses moines pour les décisions les plus importantes. Mais au décès d'un abbé, il faut toujours l'accord impérial  pour l'élection d'un nouveau dirigeant. de la communauté, sauf privilège réservé à quelques monastères.

Le monastère avec sa nouvelle règle de saint Benoît  est un retour sur soi. C'est la rupture totale avec le monachisme  missionnaire des pélerins irlandais du VI et VIIème siècle.  Ici on parlera plus d'un itinéraire spirituel  qui amménera une véritable renaissance carolingienne. Le monastère devient le    foyer  culturel et intellectuel.

BENOIT D'ANIANE (750 -821)  

Il est le fils d'un aristocrate languedocien wisigoth, Aigulphe, comte de Maguelonne. A cet effet, il passe toute sa jeunesse à la cour de Pépin le Bref, connu sous le nom de Witiza et devint tout naturellement échanson de la reine. Quelques années plus tard, vers 773, il participe avec Charlemagne à l'expédition contre les Lombards en Italie. Il est destiné à une brillante carrière militaire. Pourtant en 774, il décide de s'enfuir de la cour à la suite d'un événement dramatique en voulant sauver son frère d'une noyade. A partir de là, il prend la décision de se retirer du monde pour se convertir à la voie monastique.

Il se retire dans un monastère bourguignon, à Saint Seine les Dijon. Là, il étudie les nombreuses règles en usage (règle de Pacôme et de Basile mais aussi de Colomban). Elu abbé de ce monastère, il s'inspire des Pères orientaux et des Irlandais et applique une ascèse très rigoureuse. Pourtant malgré ses efforts il n'arrive pas à ramener ses frères à un mode vie plus stricte, qu'il trouve beaucoup trop relâché. Particulièrement déçu, il quitte l'abbaye bourguignonne au bout de six années et fonde avec quelques disciples son propre monastère en 780 sur les terres familiales à Aniane, près de Montpellier. Il se convertit une nouvelle fois et se choisit dès lors le nom de Benoît.

Aniane connut grâce à son abbé, un succès et un essor considérable. Il obtint de Charlemagne des lettres d'immunités et la reconnaissance de la liberté d'élection de l'abbé. Pour son monastère, Benoît adopta la règle de saint Benoît de Nursie mais il la modifia et la compléta avec la règle de Colomban. Il rédigea la « concorde des règles », s'appuyant sur ses commentaires de la règle de saint Benoît de Nursie. Plus de trois cent moines formés dans ce monastère s'éparpillèrent dans tout l'empire pour répandre la règle bénédictine, réformer les anciennes abbayes et en fonder de nouvelles.

Soutenu par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, de l'abbé de Saint-Martin de Tours et l'évêque d'Orléans, Benoît en profite pour faire appliquer avec beaucoup d'intelligence la règle bénédictine dans plus de vingt monastères en Aquitaine, dont principalement Gellone, Saint-Savin et Massay. Le sud de la Loire va aussi progressivement profiter peu à peu de cette réforme.

Benoît D'Aniane se distingua tout particulièrement aussi dans la lutte contre l'Adoptianisme, considéré comme une hérésie par l'église. Propagé par Félix d'Urgel, évêque d'Urgel en Espagne et Elipand archevêque de Tolède, cette religion considère le Christ comme Dieu par nature mais comme homme par adoption de Dieu en tant que fils.

Comme Elipand se trouvait sur un territoire appartenant aux Maures, la paix lui fut relative mais par contre Félix d'Urgel lui fut obligé de se rétracter en 792 par la condamnation de Rastibonne. Selon le concile de Francfort, l'Adoptianisme fut réprouvé en 794. On ne sait si Benoît d'Aniane assista au concile mais en tout cas il fut aidé dans ce combat par Alcuin et Nebridius (abbé de Lagrasse jusqu'en 800 puis archevêque de Narbonne jusqu'en 828) ses deux amis. Charlemagne en 799 confia une mission à Benoît accompagné de Nebridius et de Leyrade archevêque de Lyon pour se rendre dans les marches d'Espagne pour mettre fin à l'adoptianisme

 

Bibliographie consultée :

L'Eglise et la culture en Occident :

La sanctification de l'ordre temporel et spirituel

Jaques Paul edtion : PUF

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #L'église - les templiers en Brie

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@lain 21/06/2007 19:48

Je vois que le sud Seine et Marne regorge de trésors, il va falloir que je m'y rende très bientôt pour une petite rando, ce serait sympa !Bisous et bonne soirée@lain

Christian 19/06/2007 20:53

Bonsoir Marie,
Merci pour cette belle rétro historique bien illustrée !
Amitiés en te souhaitant une bonne soirée,
Christian

Fr@n6 19/06/2007 20:42

une autre époque, une autre vision de la vie... mais se si belle architecture ^^
Bien @twa Marie :)