Message de Christian Collard, un lecteur assidu de mon blog...

Publié le 8 Mars 2007

LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME : PAS UN BLOG SANS INGRID BÉTANCOURT

Journée de la Femme. Journée de toutes les femmes, sans aucune distinction, célèbres, anonymes, de toutes les origines, fortunées, pauvres, ignorées…

Otages !

Les femmes déplacées par la guerre ne méritent-elles pas une plus grande attention que les autres ?

« J'ai dû m'enfuir de mon village parce que des hommes armés nous obligeaient à faire la cuisine, le lavage et à tout faire pour eux », raconte Elena, une Colombienne qui vit maintenant à Bogota. « Si nous ne faisions pas ce qu'ils voulaient, ils menaçaient de nous enlever nos enfants. Un jour, j'aimerais pouvoir retourner vivre chez moi, dans mon village, avec mes enfants. »

Un exemple parmi des dizaines de milliers…

Un peu partout sur la planète, dans des régions en proie à des confits armés…

On nous propose, en cette Journée de la Femme, des thèmes absurdes  : ils ne manquent pas !

Un clin d’œil à notre époque qui voit des femmes se hisser à d’importantes responsabilités.

Ingrid ne s'est-elle pas élevée à de lourdes responsabilités pour LA LIBERTÉ ?

Le voilà  notre sujet !

Alors, on se demande s’il ne serait pas plus facile de balancer des chiffres sur les malheurs des femmes.

Ma fois, se disent-ils, c'est encore ce qu'il y a de plus facile et ça remplira les colonnes.

Et, pourtant, balancer des chiffres, c’est ce qu’il y a de plus douloureux à vivre !

En effet, si certains journalistes en manque d’inspiration ne trouvent pas un sujet à la signification de la Journée Internationale de la Femme : je vais leur en donner un !

Depuis 2002, la Journée Internationale de la Femme, c’est d'abord Ingrid Bétancourt, Clara Rojas et des otages Colombiens

Des chiffres ? Otages1_3

Les noms de 4200 otages !

Ingrid Bétancourt est une femme qui mérite notre estime et, sur chaque blog, je demande que l’on parle d’elle qui est, aujourd'hui, le SYMBOLE DES SÉQUESTRÉS DANS LE MONDE,TOUT INDIVIDU AYANT DROIT A LA VIE, A LA LIBERTÉ ET A LA SURETÉ DE SA PERSONNE

Le 27 février 2002 restera, dans ma vie, une date affreuse, parce que, depuis cette date, pour certains, il faut étrangler la vérité et la justice, au sujet d’Ingrid Bélancourt, de Clara Rojas et des 3000 otages en Colombie. On essaya de le faire !

Aussi, j’en appelle aux bloggeurs et, à toutes les femmes, en particulier : n’attendez pas qu’Ingrid Bétancourt soit couchée dans la mort pour agir quelque peu !

Ne baissez pas les bras, citoyen d’Europe et du monde, devant ce suprême déni de justice que d’accepter cette Affaire abominable !

Si nous acceptons de nous en laver les mains, nous serons complices ou lâches et les noms que nous portons aujourd'hui resteront dans l’Histoire comme ceux de scélérats.

Ingrid Bétancourt lutte pour la PAIX et vous le savez !

Soyez-en certains, citoyens d’Europe, c’est une page de votre vie qui est en train de se jouer; c’est votre conscience qui risque d’être souillée d’une tache ineffaçable, parce que vous aurez fait semblant de n’y rien voir !

Permettez-moi donc, Mesdames, de vous souhaitez une très joyeuse Journée Internationale de la Femme mais, dans ce titre, songez qu'il y a le mot « Internationale »

Je n’ai pas besoin de remonter aux premières abominations de cette Affaire, vous en connaissez tous TOUS les détails.

Un jour, j’en suis sûr, on racontera, avec les documents à l’appui, ce qui s’est passé en ce 27 février 2002 et ensuite la façon dont les gouvernements d’Europe ont cru de leur devoir ne pas bouger ou si peu et trahir les otages par des promesses électorales !

Amis bloggeurs, réagissez, de votre côté, tous, comme je le fais et vous, Mesdames, ne vous culpabilisez surtout pas de n’être pas prisonnière : je vous demande simplement d’oublier, ne fut-ce qu’une minute, qui vous êtes et de songer en cette minute-là à Ingrid Bétancourt !

Si je peux compter sur le devoir de votre conscience, sur l’intervention des autres blogs, alors, dites-vous bien que cet article n’aura pas été vain et que vos enfants, plus tard, vous diront : « ― Tu as participé à l’Affaire Ingrid Bélancourt, toi ? C’est bien ! Tu ne m’en avais jamais parlé ?»

On ne crie pas sur la place publique ce qu’on fait de bien !

Christian Jean Collard,-Ingrid20mairie1jpg1

À INGRID : MÉDITATION DE LA NUIT.

Il était minuit, la lune s’était couchée, le jardin semblait agité par le vent d’hiver, les cieux étaient transparents, la nuit profonde et belle.

Je ne parvenais pas à dormir, il y avait de l’incertitude sur la terre et bien plus que cela. J’entendais, sur le rôle des bruits et des silences de la nuit, frémir le noisetier et les feuilles du saule de nos voisins.

Je songeais à d’autres sons, à des cris sauvages qui devaient troubler les nuits de Colombie, les nuits d’Ingrid. Je pensai tout-à-coup combien il était étrange qu’à force de s’intéresser à une personne en détresse, on finissait presque à partager son désespoir.

En cette nuit, je ne m’attendais pas à des sons romantiques et n’en avais nulle envie, sachant que là-bas, Ingrid était seule avec personne avec qui parler véritablement.

De l’autre côté de la maison, j’entendis des eaux grasses rouler dans le caniveau. Alors, il y eut des cris perçants non loin du ruisseau qu’était presque ce caniveau et, quand ils cessèrent, le roulis des flots était affaibli, le silence était austère.

Un rossignol plaça de loin en loin dans la paix inquiète, cet accent solitaire, unique et répété, ce chant des nuits heureuses, sublime expression d’une mélodie primitive, indicible élan d’amour et de douleur.

De douleur surtout !

Mon âme et mon cœur se consumaient à l’écoute intérieure de ce chant mystérieux comme le cœur qui aime et qui voudrait tant partager davantage avec les otages de Colombie, avec Ingrid, Clara et les autres… Je m’aperçus que je les appelais sans ambages par leur prénom. Elles étaient devenues de ma famille.

J’étais abandonné dans une sorte de repos funèbre, je mesurais dans les eaux qui coulaient des ondes pâles, muettes, à jamais mobiles, je me pénétrais du mouvement toujours lent et toujours le même de cette paix, de cette paix facile, pour moi, durable, de ces sons isolés dans le silence de la nuit.

Je me sentais de plus en plus seul, de plus en plus las, la nature me semblait trop belle pour moi et je refusai la paisible harmonie des choses.

J’avais le cœur agité. Je ne vivais plus qu’Ingrid et ses souffrances, j’aurais donné ma vie, car je voyais ces années qui chez moi passaient et j’aurais voulu en faire cadeau à plus jeune que moi.

Je vis ce présent, toujours vain et jamais possédé, détacher du vague avenir sa chaîne indéfinie. J’eusse voulu approcher ma mort enfin visible, traîner dans la nuit les fantômes de mes jours, les atténuer, les dissiper, atteindre la dernière ombre, dévorer aussi froidement ce jour après lequel il n’en sera plus, et fermer l’abîme muet.

J’eusse voulu baisser le rideau de ma vie sur cette nuit passée où je méditais sur le sort de ceux qui sont chers à mon cœur, comme j’espère qu’ils le sont au vôtre !

Cette émotion profonde, je la dois à la nuit et au vent, à la lune qui a passé trop vite, à mon insomnie, à Ingrid pour qui tout le monde travaille avec amour et pour tous ceux qui partagent son sort…

Je me souviens d’un soir où je me promenais au bord d’une falaise en compagnie sans avoir rien d’autre à dire que :

― La nuit est belle !

― La nuit est femme, Madame !

En grâce, Ingrid, soyez libre, tenez bon, pour pouvoir partager vos jours à venir avec ceux qui vous chérissent et qui se battent pour vous aux quatre coins du monde.


Christian Jean Collard,-

http://vincentnicolet.typepad.com/rcits_curieux_posies/

 

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #actualité

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