MAUD FONTENOY

Publié le 10 Février 2007

La navigatrice Maud Fontenoy démâte dans l'océan Indien

PARIS (AFP), 14:41
© AFP
Maud Fontenoy quitte Saint-Paul de La Réunion le 15 octobre 2006
Maud Fontenoy quitte Saint-Paul de La Réunion le 15 octobre 2006

La navigatrice française Maud Fontenoy a démâté samedi vers 12H00 heures française (11H00 GMT), à son 119e jour de mer, sur son voilier L'Oréal Paris, à quelque 900 milles nautiques (1650 km) de l'Australie, dans l'océan Indien, a-t-on appris auprès de son père Marc Fontenoy.

Maud n'a pas été blessée par la chute du mât, mais elle a préparé son canot de survie et se trouve toujours à bord de "L'Oréal Paris".

Sa base arrière en France a entrepris l'organisation des secours, via la marine française et la marine australienne.

La navigatrice a pu être jointe par l'AFP sur son téléphone satellite. Elle raconte:

"J'avançais à 7 noeuds (13km/h) sur une mer normale avec un vent de 20 à 25 noeuds (40 à 50 km/h). Soudain, dans un grand fracas, le mât est tombé vers l'arrière. J'ai eu très peur. Le mât m'a frôlé à 50 cm. Mais je suis indemne. Je ne sais pas ce qui s'est passé".

La jeune femme pleure, elle est choquée: "Je voulais tellement y arriver, j'en ai tellement bavé depuis ces quatre mois..."

Maud poursuit: "Le pied de mât s'est arraché dans la chute. L'extrémité du mât haut de 27 mètres est plongée dans l'eau à la poupe. Il y a un fouillis inextricable de haubans. Ca cogne contre la coque".

"J'ai mis à l'eau mon canot de survie avec de l'eau et des provisions et enfilé ma combinaison de survie. Mais je reste pour le moment sur L'Oréal. Je ne suis pas rassurée. Je ne sais pas comment je vais pouvoir être récupérée".

Maud, 29 ans, était partie le 15 octobre dernier de l'île de La Réunion pour une circumnavigation est-ouest, à contre-courant des vents dominants.

Elle était attendue dans une dizaine de jours à l'île de la Réunion.

Célèbre pour ses traversées de l'Atlantique nord et du Pacifique à la rame, en 2003 et 2005, Maud Fontenoy avait prévenu au départ que son défi n'était "ni une course ni une compétition".

"Je ne cherche pas à battre un record pour entrer dans les livres d'histoire. Ma quête et ma démarche sont à trois dimensions: humaine, écologique et pédagogique", avait-elle précisé.

Le tour du monde "à l'envers", à contre-courant des vents dominants, est "le cauchemar des navigateurs". Dès son départ de l'île de la Réunion, la jeune femme n'avait pas été épargnée par des conditions climatiques très défavorables.

Elle avait affronté, tout au long de son périple, les dépressions, plus violentes les unes que les autres, vents de plus de 100km/h, creux de près de 10 mètres, notamment en doublant les caps de Bonne Espérance et Horn.

Mais Maud avait tenu, à la seule force de sa volonté, avec une expérience de la navigation à voile que les grands coureurs d'océans jugeaient "moyenne".

"Je fais ça pour les enfants, pour les adolescents et leur montrer qu'on peut y arriver, même en avançant à contre-courant. Il faut croire en soi", affirme-t-elle.

Cette semaine, elle avait reçu le soutien du ministre de la Jeunesse et des Sports, Jean-François Lamour. "Elle est exceptionnelle. Maud est un grand exemple pour tous les jeunes", avait-il dit.

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Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Maud Fontenoy- Navigatrice à Contre courant

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Jacques de Rostolan 11/02/2007 00:20

J'ai écouté sa communication avec la terre. Malgré une petite voix elle se montre toujours résolue et presque plus préoccupée par la déception de ceux qui l’ont soutenue, surtout ses « Petits Aventuriers » que par sa propre déception !