deux amis à Voulangis

Publié le 9 Février 2007




Constantin Brancusi a su rompre avec les usages contraignants qui régissaient la sculpture de son temps, pour imposer sa conception inédite des formes fondée sur une extrême sobriété, une clarté absolue et une grande rigueur plastique.

Au prix d'un exigeant et continu processus de simplification. d'épure, il redécouvre les formes essentielles, exprime les énergies fondamentales qui traversent la matière, accédant ainsi au voeu de Valéry qui voulait

" débarraser la sculpture de tout ce qui n'est pas elle-même"
Eryck de Rubercy , D. Le Buhan



SAISIR L’ESSENce de la matiÈre
L’Œuvre dans son contexte historique et esthÉtique

Constantin Brancusi
Autoportrait dans l'atelier, vers 1933-34
Négatif gélatino-argentique sur verre, 12 x 9 cm

Constantin Brancusi est né en Roumanie en 1876, dans un petit village d’Olténie aux pieds des Carpates, au sein d’un monde rural et archaïque. Très jeune il quitte son village natal et, en 1894, entre à l’Ecole des arts et métiers de Craïova où il est admis l’année suivante dans l’atelier de sculpture puis dans celui de sculpture sur bois. En 1898, il entre à l’Ecole des Beaux-arts de Bucarest. En 1904, il traverse une partie de l’Europe pour rejoindre Munich, où il s’arrête quelque temps à la Kunstakademie, avant d’arriver à Paris le 14 juillet .

Dès son arrivée à Paris, il poursuit sa formation à l’Ecole des Beaux-arts dans l’atelier d’un sculpteur académique reconnu : Antonin Mercié. En 1906-1907, diplômé des beaux-arts, il expose au Salon d’Automne. Auguste Rodin, président du jury, remarque son travail et lui propose de devenir metteur au point dans son atelier. A cette époque Rodin jouit d’une reconnaissance internationale et près de cinquante assistants travaillent pour lui.

Un mois dans l’atelier de Rodin lui suffit pour estimer qu’« il ne pousse rien à l’ombre des grands arbres ». Suit une période difficile pour définir son propre engagement d’artiste : « Ce furent les années les plus dures, les années de recherche, les années où je devais trouver mon chemin propre ».

Issu d’une tradition millÉnaire
Une profonde différence dans leur relation au monde sépare les deux sculpteurs. Rodin est un créateur au sens démiurgique du terme. Il impose au chaos de la matière, c'est-à-dire à la terre qu’il modèle, une forme. La taille directe dans la pierre ou le bois ne l’intéresse pas (elle n’est même plus enseignée au sein des académies). Des assistants réalisent en marbre ou en bronze ce qui a été créé en terre ou en plâtre par l’artiste.
Brancusi, quant à lui, est issu d’un monde archaïque et d’une tradition millénaire de la taille du bois. Pour le sculpteur, « c’est la texture même du matériau qui commande le thème et la forme qui doivent tous deux sortir de la matière et non lui être imposés de l’extérieur ».

C’est une différence essentielle avec Rodin, car Brancusi ne se présente pas comme un créateur mais comme un intercesseur capable de révéler au sein du matériau qu’il utilise « l’essence cosmique de la matière ». Dans le choix préalable de son bloc de pierre ou de bois, Brancusi perçoit par avance, dans la spécificité du matériau, la présence de la sculpture.


E. Steichen et sa fille Kate dans son jardin à Voulangis



C; Brancusi photographié par son ami E. Steichen


La Colonne sans fin, selon l’artiste, « est un projet de colonnes qui, agrandies, soutiendront l’arche du firmament ».
De fait, il exprimera le désir de travailler de manière plus monumentale à l’extérieur de l’atelier. En 1926, il taille dans un peuplier du jardin de son ami Steichen, à Voulangis près de Paris, une colonne de plus de sept mètres de haut. Sans doute en relation avec un projet de colonne pour Bucarest, il façonne la grande Colonne sans fin en plâtre qui, par ses proportions, s’inscrit dans un espace monumental. A la fin des années trente, il réalisera une colonne de près de trente mètres de haut pour le Monument aux morts de Târgu Jiu, en Roumanie

http://www.centrepompidou.fr

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Voulangis -la force tranquille

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jms 10/02/2007 10:06

Et quelques autres artistes voulangeois célèbres :  http://perso.orange.fr/jean-michel.sagnes/voulangis_artistes/index.htm
 

Fr@n6 09/02/2007 16:40

Un artiste de plus dans la liste briarde, richesse culturelle de la brie
Bien @twa

Christian 09/02/2007 13:16

Bonjour Marie,
Merci pour nous avoir fait découvert cet artiste très talentueux !
Amitiés et bonne journée,
Christian