Victor Hugo et Juliette Drouet en Seine et Marne

Publié le 3 Décembre 2006

 

Juliette Drouet

Mon âme à ton coeur s'est donnée,

Je n'existe qu'à ton côté ;

Car une même destinée

Nous joint d'un lien enchanté ;

Toi l'harmonie, et moi la lyre ;

Moi l'arbuste et toi le z&phire ;

Moi la lèvre, et toi le sourire ;

Moi l'amour, et toi la beauté !

Victor Hugo

 

C'est par cet hommage poétique  à Juliette Drouet (1806-1883) que la Maison de Victor Hugo  Place des Vosges célèbre le bicentenaire de sa naissance.

Une exposition du 1er décembre 2006 au 4 mars 2007 retrace par plusieurs séquences le déroulement de sa vie, de sa jeunesse orpheline à ses premiers amours, sa carrière de modèle pour le sculpteur James Pradier et ses débuts au théâtre et enfin sa rencontre avec Victor Hugo en 1833. Cinquante ans de passion , de voyages sont relatés et quelques vingt milles lettres d'amour...

Victor Hugo aime les voyages. Juliette aussi et ne se prive pas de lui dire dans une ce ces correspondances :

"je sens couver en moi la maladie du voyage et je suis sûre même que ce que j'attribue à l'effet de  la vaccine vient de la fièvre périodique du voyage. Et je ne crois pas qu'il y ait d'autre ordonnance pour ce genre de maladie qu'un passeportn d'autre pharmacie que des auberges, d'autres émolients ou cataplasmes que les banquettes de diligence ou de cabriolet. qu'en dites-vous ? Moi j'en dis que je vous adore.

Juliette Drouet à Victor Hugo  , 3 juin 1839, matin.

Le voyage en Seine et Marne débutera en juillet 1835 et tous les deux s'arrêteront dans quatre villes :  Montereau, Bray, Provins  et Coulommiers . Chaque détail est consigné par Victor Hugo, aussi bien ses dépenses que son emploi du temps.

25 juillet parti de Montereau par le bateau à vapeur la Ville

de Paris à 7 h. du matin

déjeuner

Limonade

à 8 h. arrivé Montereau

 

A Provins, le couple va découvrir la Cité des Roses et Victor Hugo en rapportera une esquisse de la Tour César et ses fortifications.

Puis le voyage continue sur Coulommiers le 28 juillet

IVictor Hugo  écrit ses impressions à sa femme Adèle sur  cette ville

 

 

 Me voici à Coulommiers, mon Adèle, depuis hier soir. C'est une ville assez insignifiante, avec une église telle quelle, quelques ogives et une tour rococo. Les environs paraissent jolis. On est dans un bassin d'arbres.

J'ai déjà vu Montereau, d'où je t'ai écrit, Bray et Provins. Montereau est une ville assez pittoresque, assise sur une espèce d'Y que forme le confluent de l'Yonne et de la Seine. Cela produit un pont tortu, d'où l'église est charmante à voir. Il a passé toutes sortes d'hommes sur ce pont-là, depuis Jean sans Peur jusqu'à Napoléon.

 

J'ai visité sur la montagne qui domine le pont la place où Napoléon a braqué lui-même son canon en 1814. J'y ai cueilli une fleur de laurier-rose. Car c'est maintenant un jardin de plaisance. La vue de là est belle. L'immense Y des

 

deux rivières s'y développe largement dans un paysage magnifique.

 

A Bray, petite ville puante, j'ai écrit ce quatrain, en m'éveillant, sur le mur de l'auberge :

 

 

 

 

Au diable ! auberge immonde ! Hôtel de la punaise !

 

 

Où la peau le matin se couvre de rougeurs ;

 

 

Où la cuisine pue, où l ' on dort mal à l ' aise,

 

 

Où l ' on entend chanter les commis-voyageurs !

 

 

 

(Au moment où je t ' écris, voici une charmante petite poule qui vient becqueter je ne sais quoi à mes pieds dans un rayon de soleil.)

 

 

Quant à Provins, c'est différent, non l'auberge, mais la ville. Il y a quatre églises, une porte de ville fort belle, un donjon avec quatre tourelles en contreforts, et une enceinte de murailles et de tours ruinées, le tout répandu de la façon la plus charmante sur deux collines baignées jusqu'à mi-côte dans les arbres. Et puis, force vieilles maisons encore pittoresques. J'ai dessiné le donjon que je montrerai. Je l'ai visité. Il me servira beaucoup.

 

 

Il me reste à peine assez de place pour te dire que je veux que tu t ' amuses, que tu penses à moi et que tu m ' aimes. C ' est aujourd ' hui le jour de bonheur pour notre excellent Pavie. Je lui souhaite une femme comme toi. Après cela, qu ' il remercie Dieu.

 

 

Je t'embrasse, et je t'embrasse encore, ainsi que notre Didine. Je vais déjeuner. Dans une demi-heure, je pars pour Château-Thierry.

 

 

Je t'aime, mon Adèle.

 

 

 

Victor Hugo. Récits et dessins de voyages. Hélène Braeuner, textes sélectionnés avec la collaboration de Marie-Laure Marco (Paris, Maison de Victor Hugo) Edition : La Renaissance du Livre 2001.

 

 

 

 

 

Maison  deVictor Hugo

6 PLACE DES VOSGES

75004 PARIS

METRO : Saint Paul, Bastille, Chemin Vert

Bus : 20,29,65,69,96

Tel : 01 42 72 10 16

Horaires : 10 h à 18 h

tous les jours sauf lundis et jours fériés

Droits d'entrée : plein tarif : 7e

                         tarif réduit : 5,50 e

tarif jeune : 3,50 (14-26 zans)

Gratuité : moins de 14 ans

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #balades en pays Briard

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