Heritage culturel à Chelles

Publié le 29 Novembre 2006

Je vous transmets ici une importante discussion entre Jean Fred et moi lors de ma visite à Chelles en aout 2006

http://jeanfred.canalblog.com

Peut-on vivre sans héritage culturel ?


Cet été, je suis allée à Chelles, ville mérovingienne par excellence, ville d'art et de culture.Les rues portent des noms de rois, de reines mais autour tout est neuf, rien qui rappelle le passé glorieux de cette ville. On m'a dit fierement que là ou se trouve actuellement la mairie, c'était l'endroit où était l'abbaye... et de me dire les années 60 ont rasé tout ce qui a pu être rasé par rapport aux vestiges historiques. OUi ici tout est moderne. Quand j'ai demandé au syndicat du tourisme si il y avait quelque chose à visiter, la réponse est arrivée directe : ici à Chelles il n'y a rien, mais dans les communes voisines, à Gournay, à Noisiel, à Champs, oui vous trouverez des choses anciennes et historiques.
C'est la première fois que j'entends cela. Et de me poser la question : peut-on vivre dans une ville et éliminer son passé ? Un ami qui pourtant est amoureux des vieilles pièrres et fait des conférences sur les commanderies templières me disait que ce n'est peut-être plus la peine que cela soit là, que leur rôle est terminé, que l'homme rentre dans une autre dimension complétement nouvelle et que même les mentalités vont permuter. Les églises, les vestiges historiques ne serviront plus dans les décennies à venir.
Moi j'ai ressenti un malaise indéfinissable. Avons-nous bien acquis notre passé ? En quoi ce passé est gênant aujourd'hui ? Il doit bien y avoir une erreur quelque part, car j'ai lu que la ville de Chelles va recréer un jardin médieval autour de son patrimoine religieux.
Est-une notion de culture ? stupidité humaine ? regret d'avoir fait tout disparaître ? Une ville peut-elle vivre sans patrimoine historique et culturel ? Où alors voyons les choses différemment : à partir de quelle date doit-on définir l'héritage culturel dans un monde dit moderne. J'ai remarqué que toutes les villes qui avaient un grand passé historique et qui maintenant ont des constructions neuves (Saint Denis par exemple) traversent des difficultés de délinquance, de violences urbaines etc...
Il y a quarante ans l'idée était commplétement folle de faire de la commanderie de Coulommiers un centre culturel. On donnait le nom d'illuminé à tous ces fous qui voulaient redonner une âme à un tas de pierres...

Chère Marie,

Que voici une question qui me tient à coeur et à laquelle j'ai choisi de donner une réponse qui à guidée ma vie jusqu'à aujourd'hui. Vous abordez plusieurs points sur lesquel je répondrais par un prochain billet, afin de faciliter le développement et le controle de l'écrit et des idées.
Cependant, en ce qui concerne Chelles, pour répondre sur ce point y ayant travaillé comme formateur et tailleur de pierre dans les années 80. La ville de Chelles dispose dans la proche périphérie de la mairie de deux chapelles, Sainte-Croix et Saint Georges. Ces bâtiment sauvés de la démolition ont fait l'objet de chantiers de restauration menés par l'association historique de Chelles avant de faire l'objet d'importantes fouilles (tombes mérovingiennes...) et enfin de faire l'objet de travaux conduit par l'architecte des monuments historiques.
Je ne suis pas passé sur Chelles depuis longtemps et ne peux malheureusement garantir ce qui reste aujourd'hui, mais en 1985 il y avait encore : les deux chapelles, une partie d'arcade du cloitre et les fondations du mur de facade de l'église abbatiale. sommes toute de beaux témoin. Mais voilà ici, comme ailleurs les hommes ne sont pas forcément percevérants dans leurs efforts. La fatigue du temps et le manque de relève font que trop souvent les énergies qui ont oeuvré au sauvetage s'essoufles abandonnant progressivement ce qu'elle ont contribué à sauver. N'oublions pas aussi la politique qui participe parfois à la catastrophe en désirant mettre la main sur ce qu'elle n'a même pas contribué à défendre, juste pour dire c'est à moi, en refusant trop souvent, une fois la récupération faite d'assumer les obligations morales et financières qui leur appartiennent désormais.
Concernant les chapelles de Chelles, de mémoire ce sont des problèmes de stabilité et de sécurité qui ont fait avorter le projet d'implantation d'un musée en leur sein. Je dis bien de mémoire, il faudrait confirmer la chose.

Quant aux fous d'il y a quanrante ans à la Commanderie des Templiers de Coulommiers, et bien il y en a encore quelques un aujourd'hui, la deuxième génération... pour combien de temps encore avant que la vieille dame ne s'endorme dans l'oubli du temps là se pose la question. Quand les "marchands du Temple" auront vendu ce témoignage d'importance internationale, cette dernière commanderie complète au nord de la Loire, alors le Royaume de France aura vraiment gagné... Les Templiers seront définitivement morts en terre d'Oil. L'esprit d'une certaine pensée et l'image d'une indépendance au service du monde aura disparu, il ne restera que des pierres.

Dieu fasses que je me trompe !

Mais il y a tant de lieux que je pourrais nommer qui furent et ne sont plus des terrains d'aventures et d'abnégation, au service de la jeunesse, de la mémoire du temps, de la nation tout simplement.
Le patrimoine et sa pratique sont indispensables à l'équilibre de la société et de sa population parce que comme dit si bien Jérôme Bruner, "la culture donne forme à l'esprit". Un peuple sans racine est voué à disparaître balayé par le vent du temps. Mais je reviendrais sur ce sujet.

12 septembre 2006

Réponse à "Peut-on vivre sans héritage culturel ?"

 

A l'approche des Journées Européennes du Patrimoine, je trouve intéressant de répondre à la question posée par Marie de Mazan, dans son commentaire sur mon billet du 31 août dernier "Envie de Vomir...".
Sa question était : "Peut-on vivre sans héritage culturel ?"

Personnellement, je répondrai non, il n'est pas possible de vivre sans culture et encore moins sans héritage culturel. Je m'appuis pour affirmer celà sur mon expérience du monde de la culture et du patrimoine, mais aussi sur mon expérience d'encadrement d'enfants, de jeunes et d'adultes, depuis de nombreuses années.

Si l'on reprend l'histoire de l'humanité, il est toujours stupéfiant de regarder les traces liées à la culture, que les homme ont laissé dans le temps, elles expriment une envie simple de beau, mais aussi, un langage dont nous avons perdu le sens, la clé.
Notre société contemporaine, plutôt que moderne,  cherche trop souvent à classifier les traces, les faits, les évènements de l'histoire et du quotidien. Ainsi, la définition même du mot culture ne lasse pas de ravir et l'on se prend, alors, à devoir distinguer, patrimoines, traditions, loisirs, croyances, mais aussi les concepts d'expression de l'art, d'hier et d'aujourd'hui. D'un autre côté, théâtre, musique, sculpture, peinture etc... font communément partis de La Culture, tel que l'ont exprimé des hommes comme Malraux, Jack Lang et d'autres, intégrant, l'expression de la modernité , de l'histoire et du monde dans la notion culturelle, dans l'identité culturelle d'un collectif et de ses composantes, les sous groupes. Actes généreux et fondateur, mettant, ainsi, à la portée du plus grand nombre l'accès à la culture, aux cultures.

Cependant, pour afiner la réflexion sur la donnée culturelle, nous devons prendre en compte des éléments propres aux rassemblement humains, aux couplements groupals, à ce qui se passe lorsque l'on rassemble des hommes et des femmes, à ce qui les unis mais aussi les sépare. Ainsi, sommes nous surpris de voir l'homme s'attacher pour exister, ou disparaître anonyme au milieu de la masse, à une recherche constante d'identité non plus individuelle, mais groupale, microcosmique, parfois et suivant l'âge, marginale.
L'homme est un univers de paradoxes, soucieux de son indépendance et de son individualité, la masse lui fait peur parce qu'elle anihile sa personnalité. Mais à l'encontre la solitude, qui représente l'alternative, lui fait encore plus peur. D'un autre côté, le cercle familial, dit protecteur et intime, est souvent le lieu où s'exprime pleinement les notions d'héritages culturels, avec parfois des visages de culture imposée, de maniérisme culturel voir cultuel. Ainsi, nous pouvons affirmer que tout être humain dispose de plusieurs cultures, qu'il a parfaitement intégré et entre lesquels il navigue suivant les heures, les jours ou les semaines. Mais, pour naviguer sereinement au milieu de tout celà, chaque individu a du assimiler un ensemble de codes, de signes, de règles, qui sont autant de repères dans sa navigation culturelle et façonnent jusqu'à sa façon de penser, de parler, de s'habiller, de marcher, d'être tout simplement.

Comment a-t-il pu apprendre celà ? Par des actes de transmissions groupales ou individuelles, des étapes parfois proche de l'initiation..., beaucoup de silence et d'observation, par la transmission d'un héritage culturel.

Pour comprendre celà revenons à cette notion d'héritage culturel. Dans votre commentaire, chère Marie, vous soulevez le problème des villes modernes, de ces champignons urbains qui ont grandis trop vite et pensez-vous en ce coupant de leurs racines culturelles. Nous ne pouvons complétement affirmer celà, car chaque groupe humain, dans ces villes, dispose de son propre héritage culturel, basé sur ses croyances, son ethnie, mais aussi le lieu où il vit, la cité, qui à, au fur à mesure du temps, développé son propre fonctionnement culturel.
Dans son livre, "Car la culture donne forme à l'esprit !" Jerôme Bruner explicite ce point en prenant pour exemple , justement les grandes villes de banlieues. S'agit-il vraiment d'un milieu sans culture ? Non et il l'explique et l'argumente. Avons nous vraiment à faire à des principes d'aculturation ? Certains l'affirment. D'autres le réfutent affirmant au contraire l'exitence d'une culture forte, nouvelle certe, mais bien présente. A nous de nous interroger sur les fossés qui séparent parfois les hommes, absence de dialogue, d'écoute, précarité, salubrité, promiscuité, autorité, autoritarisme, que sais je encore !...
Le quotidien, de son côté, démontre comment par l'action des médias, par la circulation des hommes et de l'information, comment par l'effet de mode, des phénomènes culturels marginaux s'imposent et prennent le nom de culture.
A regarder de plus prêt l'on se rend vite compte que chacun de ces mouvements prend appui sur un ancètre qui s'appui lui même sur des précurseurs, etc... Tout est une histoire de transformation de ce fameux héritage culturel justement. Transformation, appropriation, mixage, métissage, universalisation, rarement création pure, souvent juste expression d'un temps, d'un instant sociétal, d'un malaise.
D'un autre côté, c'est la modernité, l'orgueil d'une élite économique de notre société contemporaine qui réfute la notion d'héritage culturel afin de mieux faire fonctionner le tiroir caisse de la grande supercherie, de la grande idée, une société née de rien, un nouveau départ, un nouveau monde. A y regarder de plus prêt encore une fois, ces notions fondamentalement millénaristes se sont déjà produites au cours de l'histoire et depuis que l"homme compte le temps.

Alors, à la question "peut-on vivre sans héritage culturel ?" Je réponds non, et j'affirme que tout est histoire d'héritage culturel, que celui-ci est partout dans chaque instant de notre quotidien. Mais qu'il s'est transformé, adapté au monde moderne, au milieu de l'entreprise, au monde économique. Qu'il s'est dilué dans la masse tellement il existe aujourd'hui d'héritages culturels desquels on peut se prétendre...
Seulement voilà, il en va de la culture comme des gens. Qui se souvient de l'arrière grand mère Hortense, aujourd'hui ???  Plus grand monde !  A quoi celà tient il ? Au temps ? à la marche de la vie ? Aux hommes ? A l'inéfable fainéantise dont nous faisons tous preuve, quand il faut faire travailler notre mémoire ? Quand il faut affirmer et soutenir le devoir de mémoire ? C'est tellement facile de laisser aux autres le soin de se souvenir.

Et pourtant, je sais que depuis 30 ans que je suis dans le monde de la culture et du patrimoine, ils sont là ceux qui veulent se souvenir, ceux qui veulent comprendre, ceux qui recherchent leurs racines, nos racines. Ils sont là avec la soif au ventre visitant monuments et musées, fréquentant concerts, expositions, théâtres... mais aussi, cirques et manifestations culturelles diverses.
Ils sont là, devant une pierre à tailler, simple môme des cité ou licencié en ... chômeur et perdu après des années d'études. Oui, ils sont là devant un toit à refaire, un mur à monter, une pierre à tailler, jeunes et moins jeunes, parfois retraité. Ils sont là pour comprendre, pour se comprendre comme un  défi à eux mêmes, "Si les autres du temps d'avant, ils l'ont fait, pourquoi pas moi ? Suis pas plus bête !"

Et  voilà un peu partout sur cette terre, il y a des hommes et des femmes qui ont choisi, pour aider les autres à savoir, à comprendre, à être. Qui ont choisi d'être des médiateurs entre cet héritage et les temps modernes, et l'homme moderne. Il y en a plus que l'on ne le croit, ils ressemblent un peu à des dinosaures, les yeux pleins de passion, de fougue pour leur oeuvre, leur mission, bien solitaires face au travail, et au temps. ils font oeuvre d'utilité public en offrant leur savoir et la conservation de ce savoir au enfants de demain, en se battant pour qu'une culture historique persiste, pour que nos racines soient encore lisibles.

Il reste maintenant aux politiques à comprendre que ce n'est pas en se donnant bonne conscience avec des aménagements culturels coûteux et inabordables, des actions d'animations partisanes et de bas niveaux, une falsification de l'histoire et le vidage des lieux historiques qui vivent, et que ce n'est pas non plus en cherchant à tuer les associations, qu'ils favoriseront l'éducation culturelle du peuple, qu'ils pacifiront les cités et construiront un avenir meilleur pour tous.

Pour conclure, je dirais qu'il est important de se souvenir de l'arrière grand mère Ortense, et que c'est dans les familles humaines, les régions et pays, où l'on a le plus intègré l'héritage culturel que se manifeste un dynamisme des plus marquant et une joie de vivre des plus pertinente

13 septembre 2006

"Peut-on vivre sans héritage culturel ? " suite

 

La définition du petit Robert concernant le mot culture est la suivante :
sens figuratif :
1/ (V 1550) Développement de certaines facultés de l'esprit par des exercices intellectuels appropriés. Par extension. Ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement.
2/ Ensemble des aspects intellectuels d'une civilisation.

En ce qui concerne le mot héritage, nous avons la définition suivante :
...3/ Ce qui est transmis comme par succession. Héritage de croyances, de coutumes d'une civilisation.

Ces deux définitions sont intéressantes pour poursuivre le développement entâmé hier, et démontrer l'importance d'une bonne compréhension et d'une bonne utilisation de l'héritage culturel.

La notion de culture revêt donc deux facettes, l'une attachée à l'individu qui trouve dans le développement de sa culture personnelle, les outils pour appréhender le monde, des repères spatio-temporels, mais également de quoi développer son esprit, son intellect, son jugement.
D'autre part, une référence collective en lien avec une civilisation, donc un regroupememt d'homme qui s'est constitué sur des bases communes, ethniques, raciales, de croyance au départ et autour duquel s'est progressivement développé une façon commune de pensée, au travers, des histoires, des légendes et traditions, des valeurs, mais également des habitutes, des goûts alimentaires, vestimentaires, ainsi que dans l'expression des arts et des objets du quotidiens. Cette extention peut être liée à un développement naturel, mais également à des conquètes, des invasions etc...
De même, il est important de prendre conscience, que pour un même peuple, une même civilisation, il peut y avoir plusieures périodes culturelles avec des divergences parfois fortes, qui influencent l'époque et lui donne sa couleur historique. Notre France, pour ne prendre qu'elle comme exemple, dispose sur son territoire de témoins significatifs des différentes périodes et nous savons que celles-ci ont fortement influencées les mentalités et la culture de ces temps.

A partir de là, rentre en jeu la notion d'héritage, dont l'une des définitions, celle qui concerne notre sujet est plus que significative "...transmis comme par succession." et concerne l'ensemble des croyances et coutumes d'une civilisation, mais également le patrimoine collectif issus de l'expression de ces croyances, monuments, oeuvres d'arts, objets usuels... Un ensemble d'une richesse extraordinaire, qui influence notre quotidien et laisse des traces jusque dans la vie de nos institutions. Nous sommes imprégné, imergé en permanence dans cet héritage, mais nous avons perdu le sens de sa compréhension, nous en avons perdu la clé, la connaissance.

L'un des plus grand reproche que je fais à notre société moderne, c'est de vouloir systhématiquement diviser les choses, les classifier pour mieux les déshumaniser, les déraciner. En procédant de la sorte, l'héritage culturel apparaît comme quelque chose de désuet, de secondaire, que seuls quelques fous  s'attachent à transmettre ou à sauvegarder. Hors, c'est un élément indispensable pour l'équilibre général de la société, pour l'élévation de l'homme, pour la pratique de la paix.
Ainsi dans notre quotidien, nous sommes confronté à des pertes de valeurs, mais aussi à des agressions permanentes mettant en danger notre besoin fondamental de culture. Dès le plus jeune âge, un enfant est certes remarqué pour sa culture générale, pour son savoir, mais sera cependant mit sur la touche si ses notes strictement scolaire ne correspondent pas à la norme attendu, à savoir un mode de pensée unique et formaté.

Hors voilà justement l'endroit où intervient, en bon pédagogue qu'il est, l'héritage culturel. Il est le terreau, le substra dans lequel va pouvoir puiser l'individu en quête d'indépendance, d'autonomie, de créativité, d'épanouissement. Son sens critique et sa capacité naturelle à associer les éléments trouveront, ici les outils pour se construire, pour se revaloriser aux yeux des autres, pour s'épanouir suivant sa personnalité dans le monde qui nous entoure, dans notre société fragmentaire.
"Nous sommes des nains montés sur des épaules de géants" disait un penseur du Moyen Âge.

Alors un peu de spiritualité pour poursuivre ce billet, "L'action sans pensée n'est que la mort de l'âme.". L'homme est dit éternel et il l'est n'en déplaise à certains. Le sens qu'il donne à ses actions conditionne le présent et le futur, mais il ne peux rien sans le passé qui prédispose l'instant présent et son développement. Les racines de notre collectif s'enfoncent dans des millénaires de vies, de civilisations, de croyances, de peurs et d'angoisses auxquelles il a fallut répondre pour aller de l'avant, pour poursuivre le chemin. La dissociation intellectuelle des composantes de notre histoire que ce soit sur le plan scientifique, technique, économique, culturelle, artistique, social, etc. ne peut qu'aboutir à une dématérialisation progressive de l'identité même de l'homme, de ce qui la rendu "sapiens".
Sans racines nous ne sommes rien, nous ne venons de nul part et nous n'allons que vers le néant.

les dirigeants de nos sociétés ont conscience de celà, qu'ils soient progressites, réactionnaires et conservateurs ou révisionnistes ... !
La position ambigue qu'ils donnent à l'héritage culturel, au patrimoine dans son ensemble est l'aveu de leur incapacité à savoir gérer l'espace temps du monde de l'homme, mais surtout la marque d'une très grosse erreur de compréhension et d'interprétation. En effet, la matérialisation de la notion d'héritage culturel est une erreur, ce n'est pas dans l'architecture, l'objet ou l'oeuvre que s'exprime la finalité palpable de la culture, mais dans la vie quotidienne, le droit à l'existence que l'on donne à cet héritage, de la façon dont ont l'utilise comme support d'explication pour transmettre les us et coutumes, les traditions, les légendes populaires, l'histoire... Dans ces instants magiques qui existent au sein des lieu de vie que sont les "maisons de mémoires", tous ces haut lieux de l'héritage, lorsque se met en oeuvre cette transmission orale qui se réalise "d'initiés", de médiateurs, de possesseurs du savoir" vers ceux qui, pélerins sur la route de leur identité cherche leurs racines pour comprendre leur destiné.

Il est triste de voir aujourd'hui comment, sous complexe de bonne conscience, l'on tue l'héritage culturel en le fossilisant, en le transformant en patrimoine mort, en coquille vide, en objet de consommation pour la modernité.

Pour finir, je trouve très significatif le nom que s'est donnée une émission de télévision consacrée au patrimoine et justement à cet héritage culturel qu'il porte en lui, "Des racines et des ailes". Et oui, voilà ce que devrait être pour chacun de nous l'héritage culturel de notre monde, des racines, celles dans lesquelles nous puisons notre histoire, la sève de notre futur, et des ailes car en prenant appuis correctement sur elles, il nous pousse des ailes qui nous conduisent vers un avenir où s'exprime le droit d'entreprendre, le droit à la différence, une autre conception de l'homme et de la société.

Le rêve n'est pas forcément qu'un rêve, n'en déplaise à "Brazil"

Au cas ou !

jEAN FRED

AUJOURD'HUI VOICI LE PANNEAU EN PASSANT A CHELLES CE DIMANCHE 25 NOVEMBRE

 

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Chelles - histoire et avenir

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