L'Abbé Perrin de Faremoutiers

Publié le 9 Novembre 2006

 

"Ecrire, je le fais pour mon bon plaisir. curieusement, les moments où j'écris le plus, où les idées viennent, ce sont les moments où je suis le plus occupé. la plume, alors court d'elle-même ; le premier jet est peut-être informe, comme l'eau qui jaillit spontanément de la source tant qu'elle n'est pas canalisée. Mais la poésie n'est pas une mise en forme, c'est une manière de laisser couler ce qui est en soi.

L'histoire, on ne peut en parler de façon romantique ; tandis qu'en poésie on peut chanter avec les mots. la poésie est déroutante, elle agace parce que l'on n'arive pas à la cerner. Pour moi, la poésie a été un surgeon de la vocation sacerdotale, de la formation intellectuelle. des professeurs que j'ai eus. Je ne sais pas  si  j'ai envie que mes écrits restent. Paul Fort, il est vrai, m'en a pressé. Mon ami Girod de l'Ain possédait un manuscrit de Mallarmé, une première version. Paul Mallarmé l'a retouchée. Il n'y avait plus le même soufle poétique. L'écriture était devenue une fabrication cérébrale.

Vous savez, la poésie c'est comme la harpe ou le piano, le ton vous donne une harmonie, qui renvoie à une autre harmonie, et ainsi de suite. Une impression poétique peut-être très grande et n'avoir qu'une seule ligne. Un seul exemple. Dans la nuit d'étoile, de Paul Fort : "Dieu s'éclaire, il ajoute à sa transparence". n'est-ce pas une impression merveilleuse ? L'instinct poétique, je le dois entre autres à la maîtrise de Notre Dame et aux psaumes, que je lis tous les jours. Ils sont la partie essentielle de l'office, et ces cent cinquante psaumes sont en réalité cent cinquante poèmes. Ce n'est pas  le même esprit , mais il y a le rythme du verbe et la musicalité du mot, cela compte énormément.

Abbé Perin

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #les écrivains de la Brie

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