MAUD EN DIFFICULTE

Publié le 1 Novembre 2006

 

LA QUESTION DU JOUR OÙ EN EST MAUD FONTENOY ?
La navigatrice a doublé hier soir à 18 h 15 GMT (20 h 15 heure locale), le cap de Bonne Espérance, à bord de son voilier « L?Oréal Paris ». Elle avait quitté le 15 octobre, l?île de la Réunion, pour un tour du monde « à l?envers » en solitaire et sans escales, dans le sens est-ouest, à contre-courant des vents dominants. Mais la jeune femme souffre de deux fractures, à un orteil du pied gauche et au pouce de la main gauche, selon son propre diagnostic médical établi en l?absence de radiographies. « J?ai le corps couvert de bleus? Suis épuisée, en sueur, tremblante de peur? C?est à devenir folle. J?ai les nerfs à vif. C?est un supplice qui n?en finit pas? »

 

de notre correspondant Jacques de Rostolan

La Voix du Nord - 01/11/2006 LE SPORT DE A à Z

 

 

Tour du monde: Maud Fontenoy, blessée, a doublé le cap de Bonne Espérance

 
 
 

La navigatrice Maud Fontenoy, blessée, a doublé mardi soir à 18H15 GMT (20H15 heure locale), le cap de Bonne Espérance, à bord de son voilier "L'Oréal Paris".

Elle avait quitté le 15 octobre, l'île de la Réunion, pour un tour du monde "à l'envers" en solitaire et sans escale, dans le sens est-ouest, à contre-courant des vents dominants.

Mais la jeune femme souffre de deux fractures, au pied et à la main gauches, selon son propre diagnostic médical établi en l'absence de radiographies.

Jointe par l'AFP sur son téléphone satellite, Maud a confié qu'elle avait franchi les 20° de longitude sud "en bataillant ferme contre les éléments", avec des vents de 60 noeuds (plus de 100 km/h) et des creux de 6 mètres.

Les quinze premiers jours de navigation, la navigatrice, célèbre pour ses traversées de l'Atlantique nord et du Pacifique à la rame, en 2003 et 2005, a dû affronter des conditions climatiques très difficiles, alternant calmes plats anticycloniques et violentes dépressions.

Au cours des manoeuvres éprouvantes sur ce bateau d'aluminium de 26 mètres, conçu pour résister aux chocs des éléments, mais d'un pilotage très "musclé", elle s'est d'abord cassé un orteil du pied gauche, deux jours après son départ.

"J'ai le corps couvert de bleus", note-t-elle dans son journal de bord. La suite en dit long sur ce "chemin de croix des navigateurs", que constitue pour les grands coureurs d'océans, ce tour du monde "à l'envers".

"L'air est lourd, la mer est opâque et creusée, le ciel est couvert ... Une dépression arrive, soudaine et violente ... Le vent souffle dans le nez à 40 noeuds (près de 80 km/h), creux de huit à dix mètres ... Les déferlantes s'abattent sur le pont ... Je dois réduire la voilure en catastrophe ... Le bateau gîte à 35° sur tribord ... Je me réfugie enfin dans le carré, ma petite cellule de vie ... Suis épuisée, en sueur, tremblante de peur ..."

"C'est à devenir folle. J'ai les nerfs à vif. C'est un supplice qui n'en finit pas", précise-t-elle encore.

Deuxième accident, lundi. Les éléments se déchaînent encore et encore. Bagarre avec l'écoute de génois coincée. Maud concentre toutes ses forces dans ses mains. Le pouce de la main gauche casse. La main droite encaisse aussi un choc et enfle. Les deux mains ont doublé de volume. Elles sont bleues. Maud se fixe une attelle pour immobiliser le pouce brisé. Elle souffre. Elle se demande d'où elle ne souffre pas.

"Je parviens encore à faire péniblement les manoeuvres", confie-t-elle au téléphone satellite, d'une voix affaiblie par l'épuisement et la prise d'analgésiques et d'anti-inflammatoires.

Après le franchissement du cap de Bonne espérance, Maud Fontenoy plonge, plein sud-ouest, dans l'immensité de l'Atlantique sud -3.900 milles nautiques (7.500 km) sur la carte - hors de toute route maritime.

Elle vise le mythique cap Horn, à la pointe australe du continent sud-américain, qu'elle espère franchir vers Noël.

Puis ce sera la traversée du Pacifique sud pour passer le cap Leeuwin en Australie et enfin remonter vers l'île de la Réunion à travers l'océan Indien.

En tout, une circumnavigation de quelque 25.000 milles nautiques (47.000 km), qu'elle estime pouvoir boucler en une vingtaine de semaines.

"En dépit des souffrances, je suis contente d'avoir franchi cette première étape. Aucun rêve ne se réalise sans une grosse volonté. Je pense aux enfants qui suivent mon périple. Je ferai tout mon possible pour ne pas les décevoir".

info : orange.fr actualité en continu 

 

 

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Maud Fontenoy- Navigatrice à Contre courant

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