Arthur Chaussy - 1880-1945

Publié le 29 Septembre 2006

Cette nouvelle société dans l'esprit du compagnonnage, des confréries et des corporations servait pour les problèmes de maladie, de retraite ou de décès pour les travailleurs les plus démunis. Mais celle ci- n'était en aucun cas de secours pour le chômage.

Le climat social à cette époque était houleux. Les conditions de travail, de plus en plus dures  par rapport aux horaires, les intempéries et la sécurité. La plupart du temps les ouvriers se rendaient  à pied de Château Landon aux carrières de La Madeleine à Souppes 

Un homme va prendre en main l'organisation et la gestion du syndicat : Arthur Chaussy.. 

ARTHUR CHAUSSY

Il est issu d'une modeste famille de paysans du hameau de Mézinville. C'est à la carrière de l'Etang qu'il fait   son apprentissage et qu'il nous raconte  sa première journée :

" c'est au mois de juin, il fait très chaud, une fine poussière voltige et s'infiltrere dans les vêtements. Des hommes torse nu, luisants de sueur sous le soleil, portant de vieux pantalons rapiécés aux genoux, en sabots, la tête couverte de mouchoirs noués aux quatre coins, pataugent dans une mare d'eau et de boue blanchâtre qui dégouline le long de petites rigoles, car pour ne pas être gênés par la poussière, ils humidifient continuellement".

Les ouvriers travaillaient douze heures minimum et six jours par semaine. Quand le travail pressé, il était pas rare de faire des journées de seize ou dix - huit heures.

Arthur Chaussy quitte en 1899 la région pour se faire embaucher à Troyes dans une bonneterie. Les grandes grèves de 1900 débutent dans l'Aube et c'est là qu' Arthur Chaussy va prendre contact avec le syndicalisme.

Après son service militaire en 1904, Il est embauché aux carrières de Souppes. Les mauvaises conditions de travail s'accélèrent . Fort de son expérience de grève dans la bonneterie à  Troyes,  Arthur va se retrouver à la tête des mouvements revendicatifs.

Remarquable orateur mais aussi rassembleur, il va ainsi proposer la fondation d'un syndicat qui va être créé le 5 décembre 1908 sous le nom de syndicat des ouvriers du Bâtiment de Souppes et de Château Landon et de la région du Gâtinais.

L'exploitation des carrières à cette époque à Château- Landon  était les "Grandes   carriières ou "carrières du Gouvernement". Puis tout un ensemble de carrières qui rejondront les "carrières de l' 'Etang".

En 1908, une grève se déclenche pendant un mois avec pour principale revendication  le travail à tache. Un seul patron acceptera de signer un contrat dans ce sens. La grève sera  votée et sera suivie par une forte majorité d'ouvriers. une souscription est lancée par le journal "Le  Semeur".pour soutenir les grévistes. Une convention va vite être soumise  et signée.  Mais des ombres persistaient comme les accidentés du travail.  Une nouvelle lutte s'engagea  pour  établir une nouvelle réglementation concernant la sécurité .

Les patrons se groupent  en 1977 et rétablissent le travail à tâche.

Nouvelles discussions du syndicat pour tenter de trouver un compromis.  Refus sans appels des employeurs. L'arrêt de travail fut voté  à bulletin secret par 252 voix  contre 2  et 1 abtention.

Arthur Chaussy se mit en contact avec les centres carriers italiens pour qu'ils ne copromettent pas la grève. Le syndicat veilla à apporter de l'aide à toutes les familles nécessiteuses. et dans un élan de générosité Monsiuer Ouvré décida d'embaucher les chomeurs dans la sucrerie.

Arthur Chaussy demanda la création d'un comité intersyndical entre tous les carriers de France  afin d'éviter que les maîtres carriers ne puissent plus  en temps de grève faire exécuter leurs travaux sur d'autres chantiers.

Une coopérative d'extraction de la pierre fut également créée pour faire travailler les "exclus" que les patrons refusés. Pour mettre en place ce projet, une souscription  intersyndicale fut lancée et remporta un énorme succés.

Pendant toute cette période de lutte, une partie des gréviste fut employée à remettre en état la région   après les inondations de Lorroy en 1910.

Petit à petit, un compromis plus équilibré s'engagea pour l'amélioration de la sécurité des ouvriers du bâtiments avec le patronnat.

Marie de Mazan

 

( d'après l'ouvrage - Château Landon - ,Les Pierres de l'Histoire - Groupe Histoire et Archéologie du foyer rural de Château landon édité par l'Office du Tourisme de Château Landon - 1995)

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Château-Landon-Les Pierres de l'Histoire

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christian julia 04/01/2007 13:13

Bonjour !
Un commentaire sur mon blog... un clic sur ton blog... le temps d'un geste du doigt, j'ai traversé l'Hexagone. C'est comme les voyages au-delà de la matière. Je viens de trouver là un blog merveilleux... Bonne continuation