THIBAUD IV Comte de Champagne et de Brie - Le bûcher du Mont Aimé

Publié le 6 Septembre 2006

Thibaud IV est un chrétien comme cela devait être à son époque fait de fanatisme et de superstitions. D'un naturel peu soumis à la volonté du pape, il apparaît tantôt docile, tantôt rebelle. Entre l'humain et le chrétien, c'est un homme  plus que partagé.

 

Trois mois avant son embarquement pour la Terre Sainte, le chroniqueur Aubri des Trois - Fontaines atteste que Thibaud IV laisse faire l'inquisiteur pour les bûchers du Mont Aimé en Champagne..

Les chroniques de France jugèrent l'attitude du comte de Champagne avec une grande dureté.En effet, le 12 mai 1239, 183 hérétiques hommes et femmes périrent sur le bûcher.

 

 

On brûle, " en un très grand holocauste agréable à Dieu " ., des manichéens, de bougres et des cathares. D'après la chronique il y avait pas moins de 70 000   spectateurs comprenant   l'élite du clergé et la noblesse de la province à regarder la justice de Dieu  se faire, celle qui   "consiste à réprimer sans pitié, de manière inquisitoriale, toute hérésie".

Comment Thibaud lui qui a préché avec une farouche énergie la tolérance et qui a écrit dans ses chants "les papelards qui laissent sermon pour guerroyer et tuer des gens"... n'a t-il pas entendu ces cris de désespérances et de douleurs des suppliciés ?

Le mont Aimé se trouve à 240 mètres d'altitude . Là sur ce plateau se trouve un puissant château fort  que la mère de Thibaud, Blanche de Navarre avait fait édifier en 1210. D'ailleurs, c'est la même  année que l'on a construit la nouvelle cathédrale de Reims, l'ancienne ayant été incendiée. Ce château, imposant , ressemblait parait-il d'après les recherches archéologiques et le dessin  fait vers 1590 de Claude de Chastillon à celui des Coucy.  Il y avait une tour de 52 mètres de haut  comprenant  6 étages.

C'est sur cette place de ce château que le procès des hérétiques s'est déroulé.

 Nous sommes sous le règne de Louis IX et le pontificat de Grégoire IX. L'Eglise  entreprend une lutte sans merci contre toutes les formes d'hérésies qui se répandent un peu partout. mais la plus dangereuse à éradiquer en urgence  pour elle est l'hérésie manichéenne ou cathare. qui menace la foi et l'unité chrétienne".

C'est en Champagne que l'Inquisition fut la plus spectaculaire

 C'est grâce à Aubri de trois- Fontaines , un moine de l'abbaye cistercienne de Trois-Fontaines du diocèse de Châlons sur Marne qui a laissé une "Chronique Universelle" écrite entre 1227 et 1241. que nous connaissons cete page d'histoire.

" Cette année-là, écrit-il, la semaine qui précédait la Pentecôte, le vendredi eut lieu un très grand holocauste. Pour apaiser le Seigneur, on brûla des "Bulgares". En effet, 183 "bougres" furent brûlés. " En raison de l'origine bulgare de l'hérésie, les hérétiques français étaient souvent appelés "bulgares" ou "bougres"

ou encore :

 " Quant à ce que croient et affirment ces hérétiques qui tirent leur origine de Manès, quant aux pratiques auxquelles ils se livrent en secret, il n'est pas nécessaire de le publier au grand jour tant elles sont nauséabondes et horribles, et au milieu des autres elles ont une telle mauvaise odeur que les gens sages les découvrent même à leur puanteur

Aubri de Trois-Fontaines donne également la liste des"autoritésprésentes":: le roi de Navarre (Thibaud IV de Champagne) , les barons de Champagne, seize évêques ( Reims, Soissons, Tournai, CambraiArras, Thérouanne, Noyon, Laon, Senlis, Beauvais, Châlons sur Marne, Orléans, Troyes, Meaux, Verdun et Langres.Ajoutons "une foule" d'autres prélats, des églises, des abbés, des prieurs et de "doyens". "Toutefois, précise Aubri, tous n'assistèrent pas au supplice. Mais au cours de la semaine, alors que se poursuivaient les interrogatoires, les uns arrivaient, les autres repartaient ".

Seul l'archevêque  de Sens était absent. Lui qui avait toujours prêché la tolérance  et l'indulgence auprès de Grégoire IX avait-il marqué sa désaprobation en sachant ce qui allait se passer ?

CE FUT UN DES PLUS GRANDS PROCES

 500 à 600 acusés réunis au Mont aimé en 1239.

Le procès devait se dérouler au château. Lieu soigneusement choisi car le château était assez vaste pour recevoir et loger tous les évêques et les prélats mais aussi le comte de Champagne et sa suite.Une importante garnison surveillait les prisonniers  et une partie des sous-sols pouvait se tranformer en prison. 

" Toutefois, précise Aubri, tous n'assistèrent pas au supplice. Mais au cours de la semaine, alors que se poursuivaient les interrogatoires, les uns arrivaient, les autres repartaient ". 

Pieds nus et  les mains  liés,

 les hérétiques comparaisaient  devant un tribunal d'évêques. Rapidement ils étaient sélectionnés : ceux qui se rétractaient ou reniaient leur foi,  étaient mis de côtés . Les autres qui persistaient malgré les menaces et les tortures, étaient mis dans un coin, condamnés à mort.(à suivre)

Marie de Mazan

 

 

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Les Chroniques de Thibaud IV de Champagne et de Br

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