L'image de Jésus de la Préhistoire à nos jours

Publié le 21 Mai 2006

 

Je voudrais vous livrer une réflexion aujourd'hui sur l'utilisation de l'image de Jesus de la préhistoire à nos jours.

Tout le monde connait les dessins préhistoriques qui à l'âge de pierre ornent les grottes. On s'aperçoit que quand l' être humain n'a pas de mots  pour exprimer un ressenti pour faire comprendre son langage, il utilise l'image comme processus pour nous inviter à comprendre le sens et divulguer la notion de comprehension.

L'image du Christ est une parabole de vérité en tant que chef-d'oeuvre.
Il permet de véhiculer un message de comprehension et de se mettre à la portée de chacun sur les sujets les plus importants. pour aider  au développement de l'esprit de l'être humain.
Mais ce qui est étonnant , c'est que le Christ ,  emploi des "images parlées" , des images vivantes qui touchent par une forme poétique le coeur de l'homme : "Le royaume des Cieux est semblable à un filet que l'on jette dans la mer..."
C'est une image parlée que l'on perçoit avec les yeux car elle exprime le quotidien de l'homme, et par ce biais, fait appel à la mémoire de l'homme, de sa conscience qui s'approprie naturellement ce message comme une expérience vécue.
Mais est-ce que le message du Christ voulait donner une idée "visible" de ce que l'homme pouvait s'apporter à lui-même ?

 La simplicité du langage  imagé du Christ n'était-elle pas pour acceder à notre conscience suspérieure d'une qualité de vie qui passe par l'âme et l'esprit ?


Comment toucher ce monde de l'esprit et ce monde de l'âme tout en étant dans le monde terrestre ?


En réfléchissant un peu, on s'aperçoit que toute création a besoin de plusieurs plans, qui définit aussi les limites. Il en est de même pour notre esprit qui a besoin de passer par plusieurs paliers en créant une image intérieure pour qu'il puisse passer de la valeur matérielle à la transformation en valeur spirituelle.

La façon de s'exprimer du Christ en langage imagé était nécessaire pour transcender et vivre la vie come un chef-d'oeuvre, tout en étant à la portée de tous dans le langage le plus simple pour toûcher l'esprit et l'âme de l'homme.

L'image, ne peut pas être dissociée de l'évolution de l 'être humain.

Il est très rare qu'un peuple se soit délibérément détourné de toute reproduction par l'image. Si ce fut le cas, comme les Israélites, ce fut simplement parce que pour eux, l'image est esprit et donc force magique d'où une crainte qui a fait interdire l'image.  Ce peuple était sur le plan spirituel plus développé puisqu'il avait la connaissance d'un Dieu Unique. dans les Dix commandements, le peuple d'Israel avait reçu la défense de se faire une image de Dieu, puisque la dimension humaine ne peut pas imposer une seule représentation absolue de Dieu. " tu ne feras point d'image taillée, ni aucune représentation des choses qui sont là-haut dans les cieux, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessus de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point". (Exode 20,4-5)

 Le fait de représenter par un dessin, une sculpture, ou une gravure un être  et des objets même dans le quotidien fut pour l'homme primitif déjà une aventure magique; reproduire était déjà redonner vie une deuxième fois et de ce fait  exprimer une idée de peur, de force, de lutte aussi avec lui-même face à ses croyances.

 Mais au cours des siècles les images, les statues eurent le pouvoir de parle, que l'on transforma dans le sens du miracle. Et la croyance attribua à l'image un pouvoir de magie. Et l'homme qui avait créé l'image ne pouvait que s'identifier à l'image et donc subir le même sort qui pouvait arriver à cette reproduction éphèmère.

Cette magie de l'image se dévia par une pratique, une coutume négative pour nuire aux ennemis de l'homme et aussi pour les détruire. Bien présent chez l'homme primitif mais aussi plus près de nous chez certains peuples.


La croyance est devenue un pouvoir  sur autrui. celui qui possède l'image a le pouvoir, donc une force surnaturelle qui engendre la crainte et la peur.


Au Moyen-Âge, de nombreuses bulles papales interdisaient l'image car liée à une croyance de pouvoir nuire et détruire l'ennemi en brûlant cette image était très répandue.
Même aujourd'hui, certaines personnes ont le reflexe de ne pas se faire photographier ou même dessiner pour ne pas exposer leur âme, lieu de fragilité, voire de faiblesse.


L'humanité a pris conscience de son entourage uniquement par la représentation visuelle. Et ce n'est que bien longtemps après que le langage est apparu. c'est l'image qui a créé le mot, la langue. Toutes les écritures commencèrent  par des hiéroglyphes. Tout a commencé par le dessin.


 La succession de paroles forment une image qui est transmise à l'esprit ce qui donne la possibilité de comprendre et de transcrire l'événement.

Dans les anciennes croyances, les défunts continuaient à vivre dans l'image qu'ils représentaient aux yeux des autres. L'image véhicule donc une notion vivante sur l'homme.

Au fil du temps, l'image a subi toutes sortes de tendances spirituelles .Quant à l'image de soi. elle peut être valorisante, comme laide en fonction de l'évolution de la vraie nature humaine et de l'épanouissement  de son esprit.

Interrogez-vous sur le pourquoi  qu'à certaines époques  on a privilégié l'image complète de l'homme ou alors que le buste comme chez les Romains ou encore  que la tête chez les Egyptiens....

Trois mille ans plus tard, on proclame la liberté de la conscience humaine et des artistes humanistes comme Dürer pour ne citer que lui, s'exerça à saisir l'âme de la personne dont il faisait le portrait en donnant ainsi une conscience visuelle à celui qui se prêtait à son talent.

Mais le culte des images dans le christianisme déclencha une véritable guerre entre les iconoclastes (qui détruisaient les images représentant un culte) et les iconolâtres (qui adoraient les images) Il a fallu trois synodes et deux conciles pour finalement se rallier  au culte des images. cette guerre reviendra à l'époque de la Réforme, mais sera tranchée par un nouveau concile oeucuménique qui justifiera l'usage de ce culte.


Les artistes peintres vont identifier Dieu soit en vieillard, soit sous forme symbolique par une main ou un oeil. Le Saint Esprit est représenté par une Colombe auréolée de lumière, la Trinité par un triangle, par trois cercles enlacés, trois animaux placés en triangle, par une Croix, par trois têtes...

Marie de Mazan - 21 Mai 2006
(à suivre)

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #L'église - les templiers en Brie

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Joel 23/05/2006 19:35

Oui, vous avez raison  Marie de Mazan, l'image s'intéresse trop aux images et pas assez  à la beauté de l'âme qui elle , elle est invisible mais se ressent. Joel