Les échos de saint Quiriace

Publié le 9 Mai 2006

 

 

 

Il y aura un seul troupeau

Père Michel Gitton de  saint Quiriace

le dimanche 7 Mai 2006

 

Nous avons peur des revendications hégémoniques. Nous n'avons pas envie d'être ramenés à un troupeau, où il faudrait tous marcher au pas, fût-ce derrière le Christ. Un seul Dieu une seule vraie religion, une seule véritable Eglise, cela rappelle trop pour nous Ein Volk, ein Führer (un seul Peuple, un seul Guide),et il nous semble que seule la variété des propositions peut garantir la liberté. Il ne manque pas de gens aujourd'hui pour accuser le monothéisme d'avoir introduit un ferment d'intolérance. Là où paraît-il, les dieux paîens laissaient leurs adeptes dans une joyeuse et large co-existence, sans imposer ni crédo obligatoire, ni pratique commune.

Le tout est de placer l'unité au bon niveau. Car l'humanité est malgré tout sortie grandie de la prise de conscience de son unité. Contre tous les racismes, les nationalismes étroits, l'affirmation (qui vient de la Bible) d'une commune origine de tous les hommes, malgré leurs différences de peau ou de rang social ou culturel, a ouvert bien des horizons, qu'il ne faudrait pas refermer. Il faut certes faire une grande place aux cultures, à leur expression artistique, intellectuelle, et même spirituelle, mais ce ne peut-être aux détriments des valeurs profondes qui structurent l'homme : la vérité sur le sens de sa vie, sa dignité, ses droits et ses devoirs. Le culturalisme peut aboutir à former des ghettos et perpétuer des formes d'esclavages au nom du respect des coutumes.

L'unité de la Vérité est la condition même pour qu'il puisse exister un échange heureux entre les intelligences. " a chacun sa vérité" est un principe paresseux qui retire à l'intelligence tout sérieux. S'il n'y a  rien à découvrir qui dépasse nos points de vue particuliers, plus besoin de s'informer, plus besoin de partager nos découvertes. si nos contemporains sont méfiants contre une vérité qu'on chercherait à leur imposer malgré eux, c'est qu'ils n'ont rencontré que des caricatures de vérités, des points de vue idéologiques érigés en obligation. Devant ces pseudo vérités, on est vaincu sans être convaincu, alors que, devant le vrai qui élève l'intelligence, on n'a pas à craindre de rendre les armes, on est heureux de sortir de son erreur, et d'accéder à une lumière plus grande et plus riche, qui intègre la part de vrai contenue dans toute opinion.

La foi ne peut reposer que sur le vrai. Je n'adore pas un Dieu qui corresponde à mes besoins et à mes goûts, je l'adore parcequ'il est Dieu, et  qu'il n'y en a pas d'autres comme Lui, qu'il ne peut y en avoir d'autres, sinon ce ne serait pas LUI.

L'exigence de chercher le vrai Dieu s'impose à tout homme doué d'une conscience religieuse. La refuser  reviendrait à ériger en absolu des habitudes, des coutumes, un système de pensée ou de rites, bref le contraire même de ce que recherche l'homme religieux. certes Dieu est grand et dépasse mon intelligence, mais il m'en a donné assez pour me guider vers lui, si j'ai le coeur droit.

Ce qu'on vient de dire de Dieu s'applique encore à la voie qui mène à lui. Si Jésus peut déclarer " je suis la Voie" et pas seulement  "une voie", c'est qu'au-delà des recherches légitimes et des tâtonnements permis, il y a un chemin à trouver et qui n'est pas évident. C'est la réussite de notre vie qui est en jeu, trouver le passage vers Dieu est une nécessité vitale, tant se sont perdus en croyant trouver, pour finalement butter sur des impasses.

La vraie liberté commence là : nous n'avons pas le choix ni du but à poursuivre, ni de la voie qui y mène, mais de s'y engager requiert toute notre acceptation personnelle. Reconnaître la proposition qui nous est faite et y adhérer, voilà ce qui nous revient. Et à partir de là, commence notre initiative personnelle. Car , sur cette voie, aucun pas n'est le même. Les saints nous montrent l'infinie variété des réponses, qui toutes concourent au même fiat, au même oui d'amour, mais que de variantes !

De même l'Eglise est une, elle n'a de sens que si elle est l'Eglise fondée sur les Apôtres, traversant l'histoire pour m'inviter à la suite du Christ, mais au sein de cette seule vraie Eglise que  de "demeures" ! que de manières belles et fécondes de réaliser l'essentiel de notre vie chrétienne !

Alors n'ayons pas peur de souhaiter à nos compatriotes d'entrer dans l'unique troupeau du Christ. ce qui n'est pas de l'impérialisme, c'est la charité qui nous pousse à vouloir leur offrir le seul moyen de s'épanouir complétement.  

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #Provins - la belle romantique

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Joel 09/05/2006 17:55

Enfin, un prêtre qui me réconconcilie avec la foi bravo et bonne réflexion sur la vie

H2O 09/05/2006 15:57

Croire c'est ignorerIgnorer c'est être manipuléEtre manipulé c'est devenir esclaveEsclave de la pensée uniqueradicale et liberticideammenant l'être à s'éteindreEteindre la flammemasquer la véritéet perdre la Foi...Oui, la foi est autre que la recherche de la vérité, de l'amour incondistionnel que Dieu nous a transmit au travers de ces messagers... Dont Jesus sans doute le plus proche !Il est le point de convergence des divergences du monde.Bravo pour ce texte et le courage de ce prête de sortir du troupo de moutons pour rejoindre celui du Christ.H2O