tuilier briquetier

Publié le 7 Mai 2006

 

 Cette entreprise  de père en fils a été créée en 1820et continue à produire des carreaux de Beauvais et des tuiles plates comme autrefois.

Préparation de la terre à briques et à tuiles  racontépar M. Robert Thibault tuilier-briquetier en retraite à SAINTS :

"Nous avions deux carrières:  une de marne verte et une autre de limon des plateaux. Aujourd'hui la carrière de marne est épuisée. Nous faisons venir l'argile de la région de Provins.

Il fallait commencer par extraire la terre : limon et marne, qu'on faisiat hiverner. La pluie, le gel et le soleil la rendaient friable. Au printemps on mélangeait le limon et l'argile que l'on plaçait dans un trou pratiqué dans le sol. Et l'on pétrissait cette pâte "àla marche" en la piétinant et en l'arrosant de temps en temps.

"Le mouleur prenait alors la quantité nécessaire de terre pour emplir chacun des moules en bois qui étaient posés sur une palette également en bois. La terre était écrasée d'un coup de tirette en noyer.. puis on retirait les moules. le porteur  prenait deux palettes et les rangeait un peu plus loin en attendant  que les produits sèches.

"On terminait les tuiles avec les doigts, pour les lisser     et faire les crochets.. la terre moulée dans l'encoche située au sommet du moule était rabattue et modelée entre le pouce et le majeur. C'est pourquoi la trace des doigts des ouvriers est inscrite à l'intérieur des tuiles anciennes.

"Et le geste par lequel ils sont modelé le crochet est demeuré figé dans la terre cuite. Parfois un compagnon y gravait son nom et la date de sosn travail. Les tuiles étaient mises pour la journée à sécher à plat, sur une aire en terre  battue sablée. On les ramassait le soir pour leur donner le "pli" ou la courbure en les frappants l'une contre l'autre. Puis on  les rangeait sur champs, par terre les unes contre les autres , un crochet d'un côté , un crochet  de l'autre , rang sur rang. le lendemain on le reprenait  par quatre  au moyen d'un battoir en bois appelé "batteriau" large de 10 cm, long de 35, doté  d''un manche, les tuiliers régularisaient le pli de chaque tuile. Ils les mettaient à sécher "en traversier" c'est-à-dire en tas de 4 ou 5 m de large et 2.50 m de haut. Elles séchaient ainsi pendant un an. Ce travail était haut. Elles séchaient ainsi pendnat un an. Ce travail     était effectué à partir d'avril jusqu'à la fin de la moisson.

"Puis venait la cuisson, que l'on effectuait dans un four à brique, petit bâtiment carré ou rectangulaire de 5 ou 6 m de côté, haut de 6 à 8 m surmonté d'une grosse cheminée centrale, ronde au sommet, émergeant d'une voûte en terre ou en briques couverte en tuiles.

"Au sous-sol se trouvait le foyer : on y accédait par une descente. Deux arches, en briques ou en tuiles formaient les ouvertures. Au ras du sol une porte à enfourner et à défourner permettait d'installer les produits à cuire, briques ou tuiles, que l'on plaçait selon diverses méthodes (en plumes, c'est-à-dire appuyés les uns contre les autres de manière à former de petits toits successifs, ou en biais.) Il fallait  ménager un espace entre chaque tuile ou chaque brique, que l'on pouvait ainsi   grouper en petits paquets. Tout dépendait de la fragilité de la terre. Quand elle était très fine, il fallait   laisser plus d'espace. au premier étage se trouvait la porte à combler qui permettait de charger le four de quelques fagots, qu'ils allumaient. Il s'agissait pour commencer de faire un enfumage à petit feu jusqu'à ce que la paille soit sèche : cela voulait dire que les produits étaient déshydratés et qu'ils pouvaient supporter la pleine chaleur. cette opération durait environ une semaine. Après quoi les cuiseurs bourraient le foyer de fagots et faisaient un feu d'enfer pour que le four atteigne une température de 900 degré pendant une journée ou une journée et demie :  trente-six heures au maximum. Toutes les ouvertures étaient  alors bouchées : on maçonnait les portes  et l'on remplissait la cheminée avec des morceaux de briqueteaux et du sable. Le feu mourrait et le four refroidissait lentement pendant cinq ou six jours. A l'intérieur, le four mesurait  2.50 m de large 2.50 m         de haut et 4 m de profondeur. On y cuisait 30 000 tuiles, de quoi couvrir trois maisons moyennes.

Au Bodets les Ets Thibault disposaient de deux fours. Ils employaient une dizaine de personnes.

Les tuileries-briqueteries étaient fort nombreuses dans la région termine M. Thibault En faisant appel à mes souvenirs, j'en ai dénombré près de trente en Seine et Marne, soit  une tuilerie pour dix-neuf communes à peu près : trois à Coulommiers, une à Saints,  deux à la Ferté-Gaucher, à Choisy en Brie, à Vaudoy, Mortcerf, Rebais, Les Grands-Montgoins de saint-Cyr sur Morin, Hondevilliers, Luzancy, Jouarre,, Courcelles sous Jouarre, Cocherel, Mitry Mory, dainville de Coutevroult, tancrou,          Précy sur Marne, Liverdy, Leudon en Montois, MOntereau, Treuzy-Vézelay, Montigny-Lencoup, Gouaix, Salins, les Ormes sur Voulzie, Nemours...

" A ma connaissance, il en reste trois de nos jours : à Montereau, Nemours et Saints".

extrait du livre de MIchel Vincent : Maison de Brie et d'Ile de france édit. Christian de Bartillat

M. Thibault

 

 

Rédigé par Marie de Mazan

Publié dans #le métier

Repost 0
Commenter cet article

pesquet bougain veronique 05/02/2011 23:13



cher monsieur, simplement un "merci" à vous ... née à la tuilerie des "quatre vents" à Coutevroult au début des années 1960 ...née dans la glaise ... mon grand père,puis mon père
ont tout donné dans cette passion de la fabrication de tuiles ...je voulais simplement vous faire part de toute mon émotion en découvrant votre article ... amicalement .



Marie de Mazan 07/03/2011 10:19



Si vous voulez étoffer l'article par des photos ou un récit, n'hésitez pas. En vous remerciant moi aussi de votre commentaire qui me me touche. - Marie



le briard papoteur 08/05/2006 19:53

note ou billet (suivant le nom que donne OB aux articles publiés) très intéressants, je dois dans ma bibliothèque posséder un livre de Michel Vincent que j'avais acheté quand j'ai essayé de retaper une maison à Bellot près de Rebais.
Cet aprèm je suis passé devant l'usine à Saint, je ne pensais pas trouver ce type de note article ce soir ^^
Bien @twa