l'économie cistercienne

Publié le 3 Janvier 2009

Le choix de s'installer loin des grandes routes mais en privilégiant campagnes et forêts  et  de donner de l'importance au  travail manuel  pour subsister  apparaît   une des régles essentielles de saint Benoit.  C'est justement  sur le travail manuel que repose l'esprit de la communauté cistercienne. L'abbaye doit être capable de vivre en totale autarcie, loin du monde extérieur. Chacun se devait de participer à une action collective.  Le moine devait vivre dans le cloître de l'abbaye . Une main d'oeuvre  de frères laïcs était chargée de suivre les tâches matérielles  mais aussi de l'exploitations des domaines comme les granges par les "convers". Un convers n'était pas tonsuré. Il portait  la barbe  et les cheveux longs. Ils logeaient  à part  dans un bâtiment qui souvent était  de forme rectangulaire  comprenant au rez-de chaussée un cellier et un réfectoire et à  l'étage  le dortoir. De ce fait, les convers étaient  directement sur place  pour organiser  l'exploitation agricole.
 C'est là que l'on trouve le secret de l'économie cistercienne ;  savoir d'une part  exploiter l'environnement mais aussi  savoir s'adapter à la rigueur  du lieu.

Le système des granges

la grange est un système pour exploiter  l'immense domaine de l'abbaye. La distance entre elle ne doit pas dépasser une journée de marche de l'abbaye.  par exemple pour Pontigny, deuxième fille de Citeaux, les granges  se trouvaient de 1 à 37 kilomètres de l'abbaye.
En  moyenne on comptait une dizaine d'hectares de terres cultivées pour une bonne centaine d'hectares de prés, de bois et de pièces d'eau le tout administré par une équipe de convers qui se trouve sous l'autorité d'un cellérier.  Les convers vivent dans la grange qui est  trictement interdite aux femmes.
Chaque grange avait une vocation particulière : céréalière, élevage ou pêche.  Dans la majorité des cas des abbayes cisterciennes, la vocation est d'abord céréalière puis en deuxième elle se tourne vers l'élevage : bovins, ovins, porcins et volailles.
Le moine cistercien ne mangeait pas de viande  mais du poisson.  De ce fait ils ont  réussi à réaliser des travaux de drainage et d'irrigation créant ainsi viviers et étangs. 
Avec l'eau, énergie naturelle , ils exploitent divers systèmes également comme moulin à farine,  les forges, les pressoirs, les draps etc.
la forêt est une mine pour la construction et le chauffage. ils exploitent aussi les carrières de pierre , d'ardoise et la chaux.
le nombre de granges que possède une abbaye détermine sa valeur foncicère et économique.
D'après certaines sources, Citeaux  avait  environ une vingtaine de granges dans la première moitié du XIIIème siècle.
En Champagne la moyenne était de 10  ou 12 granges.


Bibliographie consultée :

Citeaux, l'épopée cistercienne conçu par Bernard Chauvin
L'économie cistercienne - Les temps Médievaux - Claire stride
Les bénédictins - templarium 4 JLA




En Europe on a recensé 742 abbayes cisterciennes d'hommes et à peu près 700 de femmes. Imaginez la difficulté  d'établir un inventaire précis.

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Papy 10/01/2009 18:15

Une grande histoire !