Lettre de Désespoir d'Ingrid Bétancourt

Publié le 1 Décembre 2007

 
Ingrid Betancourt a adressé à sa famille une lettre de 12 pages de "désespoir et de solitude", a déclaré vendredi 30 novembre son fils Lorenzo, après avoir pris connaissance du contenu du texte par sa grand-mère Yolanda Pulecio.
Le fils de l'otage franco-colombienne venait de s'entretenir par téléphone avec sa grand-mère, qui lui a fait part d'extraits de cette lettre que les autorités colombiennes lui ont fait lire à Bogota.
"Elle n'en peut plus. Il faut la secourir. On sent qu'elle ne va pas tenir très longtemps", a déclaré Lorenzo Delloye.
"C'est tout d'abord une lettre de désespoir de femme qui crie au secours mais malgré tout une mère qui nous aime", a-t-il ajouté.
"Elle dit qu'elle se sent terriblement seule, perdue dans cette jungle", a-t-il dit.

"Maman n'en peut plus"

"Cette lettre nous montre que maman n'en peut plus comme tous les autres (otages)... qui sont au fond de la jungle en train de mourir tous les jours un peu plus", a ajouté peu après sa soeur Mélanie, visiblement très émue, à la chaîne de télévision France 2.
"Si on ne fait pas tout pour qu'ils reviennent le plus vite possible à la maison, on va les perdre dans cette jungle", a-t-elle dit, au bord des larmes.
Lorenzo Delloye a ajouté que sa grand-mère Yolanda Pulecio lui avait "surtout lu des passages d'amour", lui assurant que c'était bien l'écriture de sa mère.
Il a toutefois précisé qu'Ingrid Betancourt affirmait dans la lettre "être au courant de tout grâce aux messages que ma grand-mère lui envoie tous les jours" sur une radio colombienne. "Ma grand-mère m'a dit que maman appelait ça son cordon ombilical", a-t-il ajouté.

Doutes sur la torture

Comme le reste de la famille, Lorenzo Delloye a exprimé ses doutes sur les déclarations du président colombien Alvaro Uribe qui a affirmé vendredi qu'Ingrid Betancourt avait été "torturée".
"Je demande à Alvaro Uribe de nous fournir les preuves de ce qu'il affirme. C'est inacceptable de lancer ce type d'information sans preuve", a-t-il lancé, appelant la guérilla des Farc et Alvaro Uribe à s'entendre et à engager les négociations pour la libération des otages.
"Il faut que le président Uribe comprennent que les otages se sentent seuls et qu'ils meurent de solitude et de désespoir", a-t-il dit.
Les autorités colombiennes ont montré vendredi des preuves de vie d'otages fournies par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui les retiennent, dont une vidéo et une lettre d'Ingrid Betancourt. L'ex-candidate à la présidentielle colombienne, enlevée en février 2002, apparaît sur une vidéo très amaigrie, immobile, le visage et les yeux baissés.

Source : libération

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites
/international/20071201.OBS7811/
ingrid_betancourt_a_adresse_une_lettrede_desespoir_et_d.html

Publié dans #actualité

Repost 0
Commenter cet article