Les Belles Lettres - 4-

Publié le 5 Octobre 2007

Voici une lettre de Bossuet , qui se trouvant à Versailles eut vent d'un scandale qui secouait  la ville de Meaux en 1699.pendant son absence.  Une vilaine  lettre anonyme circulait dans la ville et  on s'en prenait d'une façon peu élégante et  même diffamante aux  membres du présidial.  La magistrature  accusait  en particulier  M. Macé d'être l'auteur de cette affreuse lettre.  Bossuet, très habilement se dépêcha d'envoyer une lettre  pour ramener la paix dans son diocèse.

 

A  M.M. du présidial de Meaux



A Versailles, 25 novembre 1699


Messieurs, je ne puis m'empêcher d'envisager toujours avec crainte les fâcheuses suites de l'affaire qui partage aujourd'hui toute notre ville. Quel qu'en puisse être l'événement, il sera toujours funeste à la charité que je  désirerais y pouvoir conserver au prix de mon sang. Je vous supplie donc, messieurs, par les entrailles de la miséricorde de Jésus-Christ, de me donner vos justes ressentiments contre les auteurs, quels qu'ils soient, de cet ouvrage de ténèbres.

J'écris en même temps à M. le président Macé, que je ne croirai jamais capable d'une entreprise comme celle-ci. La déférence que vous aurez pour votre pasteur, qui vous honore, qui vous considère, qui vous aime autant que je le fais, ne peut être qu'avantageuse à un corps aussi sage, aussi modéré, aussi digne de considération que le vôtre. Faîtes-moi donc cet honneur que je compterai pour beaucoup de laisser  là une poursuite qui ne peut jamais produire que du mal en causant des inimitiés et des vengeances où je ne vois pas de fin. Que si vous ne croyez pas pouvoir m'acorder un renoncement entier, j'espère, du moins, que vous ne me refuserez pas un délai jusqu'à ce que je sois sur les lieux, ce qui sera bientôt, s'il plaît à Dieu. Je me sentirai éternellement votre obligé pour cette complaisance, et je la reconnaîtrai par tous les services dont je serai jamais capable envers votre compagnie et envers tous les particuliers qui la composent, étant d'ailleurs avec une estime particulière, messieurs, votre très humble serviteur.


J.- Bénigne, évêque de MEAUX

 

 

 

 

 

 

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Cécile 07/10/2007 21:45

Bonsoir ... mon aile-volante-internet s'est posée chez vous par hasard (je recherchais des articles sur Jehan de Brie ... que je connais depuis fort longtemps, pour avoir participé à la création d'un spectacle de théâtre à partir de son "Traité de Bergerie") ...Alors je vous fais un petit clin d'oeil de briarde à briarde !A bientôt !

Ervalena 05/10/2007 10:30

Quand on lit cette lettre, on se dit que la façon de s'exprimer au XVIIème siècle était beaucoup plus alambiquée qu'aujourd'hui!On pourrait dire la même choses avec moins de mots même si c'est très élégant.... (et sans nécessairement avoir un langage pauvre)

Christian 05/10/2007 09:47

Bonjour Marie,Un personnage qui aura marqué l'Histoire ; c'est bien de nous le rappeler !Bises en te souhaitant un bon week-end,Christian