Acquisition de Vaux le Vicomte

Publié le 12 Septembre 2007

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C'était en 1641, le 1er février. Nicolas Foucquet avait alors vingt-six ans. Il était donc encore très jeune, mais déjà très ambitieux. quand donc  ne l'a-t-il  pas été? Au collège de Clermont, où il fit ses études (c'est le lycée  Louis Le-Grand actuel), ses maîtres, les Jésuites avaient remarqué l'extrême vivacité de son intelligence, son esprit de décision, son besoin d'agir en dépit d'une santé précaire, et une confiance en soi allant  jusqu'à la témérité. Il se lançait dans mille entreprises, et, ayant  la chance des audacieux, il réussissait . Son père lui mit "le pied  à l'étrier", obtenant pour son fils une charge de maître des requêtes en 1635, c'est-à-dire dès qu'il eut vingt ans.

A vingt-cinq ans, Foucquet se maria.  Breton d'origine c'est dans la ville de sa famille qu'il épousa le 22 janvier 1640, une riche héritière, Louise Fourché, fille unique d'un conseiller au Parlement de Rennes.  Elle devait mourir l'an d'après, le laissant veuf avec une fille qui venait de naître. Ce deuil s'ajoutait à un autre encore tout récent , car le jeune mâitre des requêtes, quelques mois  auparavant, avait aussi perdu  son père.  On peut donc  penser qu'en vue  de placer  tout ou partie des capitaux qui provenaient  de l'héritage paternel et de celui de sa  femme, Nicolas Foucquet estima opportun d'acquérir une terre dont la possession l'anoblissait par surcroît et augmentait encore la situation mondaine dont  il jouissait déjà. Les temps étaient  fort  troublés, l'avenir incertain.
Acheter un  domaine qui rapportait valait  mieux  que de souscrire à des rentes sur l'Hôtel de Ville ou le Trésor royal, dont le pouvoir  central ne se faisait  pas faute,  lorsqu'il était dans l'embarras, et c'était fréquent, de retrancher sur le capital  et sur les intérêts. Foucquet rencontrait au Parlement  le conseiller Lotin de Charny  qui désirait alors,  nous ignorons  pour quelle raison,  se défaire de la terre de Vaux . Ils s'entendirent  sur les conditions de la vente, et c'est ainsi  que Vaux-le-Vicomte qui depuis deux siècles avait  toujours appartenu  à des parlementaires, se trouva passer une fois encore entre les mains d'un magistrat.

Jean Cordey

(à suivre)

Anatole France
Vaux le Vicomte
édition Presses du Villag

suivi d'une étude historique et artistique  par Jean Cordey
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